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3 juillet 2005 7 03 /07 /juillet /2005 00:00
L'origine de son surnom

Abou Hourayra (رضي الله عنه) éprouve beaucoup d'affection pour les animaux, et plus particulièrement pour les chatons: Il en garde d'ailleurs constamment un en sa compagnie; c'est ce qui explique son surnom (qui signifie littéralement "le père des chatons"), qui lui a été donnée par le Prophète Mouhammad (صلى الله عليه و سلم).

Sa conversion

Abou Hourayra se convertit à l'Islam en l'année de Khaybar (7 H) alors qu'il appartenait au chef de la tribu des Daws. Cette tribu vivait dans la région de Tihamah qui s'étendait le long de la Mer Rouge, au sud de l'Arabie Saoudite. Quand At-Tufayl retourna à son village après sa rencontre avec le Prophète (صلى الله عليه و سلم) et sa conversion à l'Islam, au tout début de la mission, Abou Hourayra fut l'un des premiers à répondre à son appel, contrairement aux autres membres de la tribu qui s'entêtèrent longtemps dans leurs anciennes croyances.

Souvent, il louait Allah pour sa bonne fortune et disait : "Louange à Allah qui a guidé Abou Hourayra à l'Islam, gloire à Allah qui a enseigné à Abou Hourayra le Coran. Louange à Allah qui a accordé à Abou Hourayra la compagnie de Mohammad, qu'Allah le bénisse et lui accorde la paix".

Sa première rencontre avec le Prophète

Abou Hourayra accompagnait At-Tufayl lorsque ce dernier se rendit de nouveau à la Mecque. Il y eut le privilège et l'honneur de rencontrer le noble Prophète (صلى الله عليه و سلم) qui lui demanda :
- "Quel est ton nom ?
- Abdu Shams- serviteur du soleil, répondit-il.
- Remplace-le par Abdur-Rahman - serviteur du Tout Miséricordieux, dit le Prophète.
- ça sera donc Abdur-Rahman, ô Messager d'Allah, acquiesça-t-il."

Il continua néanmoins à être connu sous le nom d'Abou Hourayra, littéralement "le père d'un chaton", car
comme le Prophète (صلى الله عليه و سلم) il affectionnait les chats et depuis l'enfance, il a toujours eu un chat pour jouer. Abou Hourayra demeura à Tihamah pendant plusieurs années avant de partir pour Médine en l'an 7 de l'Hégire avec les autres membres de sa tribu.

L'invocation du Prophète en sa faveur concernant la science

Zayd Ibn Thabit, le notable compagnon du Prophète (صلى الله عليه و سلم) rapportait : "Nous étions Abou Hourayra, un ami et moi-même en train de prier Allah Tout Puissant et d'effectuer le dhikr dans le Masjid, lorsque le Messager d'Allah apparut. Il se joignit à nous. Nous nous tûmes et il dit : "Poursuivez ce que vous étiez en train de faire". Alors mon ami et moi fîmes une invocation à Allah et le Prophète (صلى الله عليه و سلم) de dire amin à nos duas. Ce fut ensuite au tour d'Abou Hourayra. Il fit la supplication suivante : "O Seigneur, je Te demande ce que mes deux compagnons t'ont demandé et je Te demande le savoir qui ne sera pas oublié".

Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) dit amin. Ensuite, nous répétèrent : "Et nous demandons à Allah le savoir qui ne sera pas oublié". Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) répondit : "Le jeune Dawsi a demandé cela avant vous".

La conversion de sa mère et son comportement avec elle

Un jour, alors qu'il l'invitait à avoir foi en Allah seul et à suivre Son Prophète, elle dit des choses sur le Prophète (saws) qui attristèrent grandement Abou Hourayra. Les yeux pleins de larmes, il se rendit chez le saint Prophète (saws) qui lui demanda :
" Qu'est-ce qui te fait pleurer, O Abou Hourayra ?
- Je n'ai pas cessé d'appeler ma mère à l'Islam mais elle me repousse toujours. Aujourd'hui, je l'ai une fois de plus invitée à l'Islam et je l'ai entendue dire des mots que je n'aime pas. S'il te plait, implore Allah le Tout-Puissant d'incliner le cœur de la mère d'Abou Hourayra à l'Islam".
Le Prophète Mouhammad (صلى الله عليه و سلم) dit alors: "Ô Allah ! Guide la mère de Abou Hourayra".


Abou Hourayra racontait : "Je suis rentré chez moi et j'ai trouvé la porte fermée. J'ai entendu l'eau éclabousser. Lorsque j'ai essayé d'entrer, ma mère me dit de rester où j'étais. Une fois habillée, elle me laissa entrer dans la pièce et là elle dit : " Je témoigne qu'il n'y a d'autre dieu qu'Allah et je témoigne que Muhammad est son Serviteur et Son messager".
Je suis retourné chez le Prophète (saws), pleurant de joie alors que l'heure précédente je pleurais de tristesse. " J'ai de bonnes nouvelles, O messager d'Allah. Allah a répondu à ta prière et a guidé la mère d'Abou Hourayra à l'Islam".

Puis il ajoute: "Ô Messager d'Allah ! Demande à Allah de faire en sorte que moi-même et ma mère, nous soyons aimés des croyants et des croyantes". Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) s'adresse alors à Allah en ces termes: "Ô Allah ! Fais que cet humble serviteur que tu as là ainsi que sa mère soient aimés par chaque croyant et croyante".

Toute sa vie durant Abou Hourayra se comporta avec gentillesse et courtoisie envers sa mère. Chaque fois qu'il sortait, il s'arrêtait au seuil de sa chambre pour lui dire : " As-salaamu alaykum, yaa ummataah, wa rahrnatullahi wa barakatuhu - la paix soit sur toi mère ainsi que la clémence et la bénédiction divine. " Elle répondait par : " Wa alayka-s salaam, yaa bunayya, wa rahmatullahi wa barakatuhu - et sur toi soit la paix, mon fils, ainsi que la clémence et la bénédiction divine. " Souvent, il ajoutait : " Qu'Allah soit miséricordieux envers toi tout comme tu m'as soigné lorsque j'étais enfant. " Elle répondait : " Qu'Allah soit miséricordieux envers toi comme tu m'as délivrée de l'erreur alors que j'étais vieille. " Abou Hourayra encourageait toujours les comportements doux et bons envers les parents.

Un jour, il vit deux hommes, l'un plus vieux que l'autre marchant ensemble. Il demanda au plus jeune : " Qui est cet homme pour toi ? "
- "Mon père", répondit-il.
- "Ne l'appelle pas par son nom. Ne marche pas devant lui et ne t'assois pas avant lui", conseilla Abou Hourayra.

Les ahâdîth qu'il rapporte du Prophète

Pendant les quatre années qu'il passa en compagnie du saint Prophète (صلى الله عليه و سلم), Abou Houraryra réussit, grâce à sa formidable mémoire, à mémoriser les joyaux de sagesse émanant de la bouche du Prophète (صلى الله عليه و سلم). Conscient de son don, il décida de l'employer au service de l'Islam.

Cette faculté, Abou Hourayra (رضي الله عنه) va l'utiliser au service de la propagation des enseignements prophétiques. Ainsi, comme il n'exerce pas d'activité professionnelle –il le dit lui-même, il n'a ni terre à cultiver (contrairement à ses frères Ansâr), ni commerce à entretenir (contrairement à ses frères Mouhâdhirin) -, il profite de sa disponibilité pour rester constamment en compagnie du Prophète Mouhammad (صلى الله عليه و سلم), à écouter et, surtout, à retenir ses moindres propos.

Il avait du temps libre car
contrairement aux autres Muhajirin (Emigrés), il ne s'affairait pas sur les marchés et contrairement aux Ansar, il n'avait pas de terre à cultiver. Il préférait de fait accompagner le Prophète (saws) dans ses voyages et expéditions. Impressionnés par sa mémorisation des hadiths, certains compagnons l'interrogeaient souvent sur la période et le contexte d'un hadith.

Avec les compagnons tel que Abdullah fils d
'Omar
, Anas fils de Malik, la Mère des Croyants Aishah, Jabir Ibn Abdullah et Abou Sa'îd Al-Khudri, il fait partie des principaux transmetteurs de Hadîth. Ils ont transmis plus de mille paroles du Prophète (صلى الله عليه و سلم).

Il est rapporté que lui-même, son épouse et son fils ont pour habitude de se relayer toute la nuit - chacun occupant un tiers de celle-ci - pour prier et accomplir des actes de dévotions: Ainsi, il ne passe pas un instant sans n'il y ait quelqu'un qui ne fasse la salât, le dhikr ou la récitation du Coran chaque nuit dans la maison de Abou Hourayra (رضي الله عنه).

Les souffrances qu'il subit pour la cause d'Allâh

Il disait: " Lorsque je souffrais sévèrement de la faim, j'allais trouver un compagnon du Prophète (صلى الله عليه و سلم) à propos d'un verset du Coran. Je restais en sa compagnie pour l'étudier et pour qu'il m'emmène chez lui et me donne à manger. Un jour, j'avais tellement faim que j'ai mis une pierre sur mon estomac. Je me suis ensuite assis en attendant le passage des compagnons.
Abû Bakr approcha : je l'interrogeais sur un verset du Coran afin qu'il m'invite, mais il ne l'a pas fait. Ensuite,
'Omar Ibn Al-Khattab passa. De même, je l'interrogeais sur un verset. Lui non plus ne m'invita pas. Enfin, le Messager d'Allah () passa et se rendit compte que j'avais faim. Il dit : " Abou Hourayra ! ".
"A ton service, répliquais-je en le suivant jusque chez lui".
Il trouva un bol de lait et interrogea sa famille sur sa provenance. "Quelqu'un te l'a Envoyé", répondit-on.
"O Abou Hourayra, va trouver les Ahl as-Suffah et invite-les", proposa alors le Prophète. " Abou Hourayra les invita et tous burent du lait.

Vint bien sûr un temps où les musulmans furent comblés d'une grande richesse et du confort matériel. Abou Hourayra put également jouir de sa part de richesse. Il se maria, eut un enfant et un foyer confortable. Toutefois, cette fortune ne changea rien à sa personnalité. Il n'oublia, en effet, pas pour autant les jours de dénuement. Il disait : " J'ai grandi en orphelin, j'ai émigré en tant que pauvre et indigent. J'ai nourri mon estomac de la nourriture pourvue par Busrah Bint Ghazwan. J'ai servi les gens lorsqu'ils revenaient de voyages et conduit leurs chameaux lorsqu'ils se mettaient en route. Ensuite, Allah fit que j'épouse Busrah. Gloire à Allah qui a renforcé la religion d'Abou Hourayra et a fait de lui un imam". [Cette citation est une référence à l'époque où il devint gouverneur de Médine pendant le règne de Marwân Ibn Al Hakam.]

Ses actes de dévotion

Abou Hourayra passait une grande partie de son temps en exercices spirituels et d'actes de dévotions pour Allah. Lui, son épouse et sa fille avaient l'habitude d'effectuer Qiyâm Al-Layl (c'est-à-dire passer la nuit en prières et divers actes d'adoration). Il veillait pendant un tiers de la nuit, son épouse un tiers et sa fille un autre tiers. Ainsi, pas une heure de la nuit ne s'écoulait dans la maison d'Abou Hourayra sans dévotion, dhikr ou prière.

Après la mort du Prophète, il est soucieux de la transmission des ahadith

Abou Hourayra se souciait d'enseigner et de transmettre les hadiths en particulier et ses connaissances de l'Islam en général. On raconte qu'un jour alors qu'il passait par le sud de Médine, il y vit les gens captivés, comme à l'accoutumée, par le commerce.
" Que vous êtes faibles, o gens de Médine ! S'exclama-t-il.
- Quelle faiblesse vois-tu en nous, Abou Hourayra ? Demandèrent-ils.
- L'héritage du Messager d'Allah () est distribué et vous restez ici ! N'irez-vous donc pas chercher votre part ?
- Ou donc, O Abou Hourayra ?
- Dans le Masjid."
Ils s'y empressèrent. Abou Hourayra attendit qu'ils reviennent. A leur retour, ils dirent : "O Abou Hourayra, nous sommes allés au Masjid et rien n'y était distribué".
" Vous n'avez donc vu personne au Masjid ? Demanda-t-il.
- Si, des gens y faisaient la salat, certains lisaient le Coran et d'autres discutaient de ce qui était halal (licite) et haram (illicite).
- Malheur à vous, répondit Abou Hourayra, c'est justement là l'héritage de Muhammad, puisse Allah lui accorder paix et bénédictions".

Son époque en temps que gouverneur

Durant son califat,
'Omar le désigna gouverneur de Bahrayn. 'Omar était très pointilleux dans ses choix de gouverneurs. Il veillait à ce que ses gouverneurs vivent simplement et ne s'enrichissent pas démesurément quand bien même en toute légalité.
Or à Bahrayn, Abou Hourayra accumula rapidement des richesses.
'Omar l'apprit et convoqua Abou Hourayra à Médine. S'imaginant qu'il avait acquis sa richesse illicitement, 'Omar  l'interrogea sur l'origine de sa fortune. Abou Hourayra expliqua qu'elle provenait de l'élevage de chevaux et des cadeaux reçus.
"Cède ce que tu as accumulé au trésor des musulmans, ordonna 'Omar
".
Abou Hourayra s'exécuta. Il leva les mains au ciel et pria: "O Seigneur, pardonne au Commandant des Croyants".
'
Omar lui demanda ensuite de reprendre sa fonction de gouverneur, mais Abou Hourayra déclina son offre.
Omar l'interrogea sur la raison de son refus, il répondit : "Afin que mon honneur ne soit pas entaché, ma richesse spoliée et mon dos battu". Il ajouta : "Je crains de juger sans savoir et de parler sans sagesse".

Sa mort

Il (رضي الله عنه) décède à l'âge de 78 ans, en l'an 57 de l'Hégire, à Médine, et a été enterré à Al-Baqî'.

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commentaires

Van de Merlen Jozef 10/07/2005 07:45

Vous avez un très beau site, pleine de vérité pour n'importe quel réligion

Youmna 07/07/2005 12:50

Salam alaykoum ma chere soeur.

baraka'Allahoufik pour cette biographie, mashaAllah elle est trop belle....!
Qu'Allah te preserve amine...


salam alaykoum

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