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14 juillet 2007 6 14 /07 /juillet /2007 14:20





Sa généalogie

Fâtima était la cinquième enfant du Prophète Mouhammad (paix et bénédiction de Dieu sur lui) et de sa femme Khadîja (رضي الله عنها). Elle naquit alors que son respecté père avait commencé à passer de longs moments de solitude dans les montagnes entourant la Mecque, méditant et réfléchissant aux grands mystères de la création.

Sa jeunesse

C'était le moment, avant que le Prophète Mouhammad (paix et bénédiction de Dieu sur lui) ne commence à recevoir la Révélation, où sa sœur aînée, Zaynab, épousa son cousin al-As Ibn ar Rabiah. Puis suivit le mariage de ses deux autres sœurs, Rouqayya et Oum Kulthum, avec les fils d'Abou Lahab, l'oncle paternel du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui). Abou Lahab ainsi que sa femme Oum Jamil étaient devenus des ennemis jurés du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) au tout début de sa mission publique.

La petite Fâtima (رضي الله عنها) vit alors ses sœurs quitter la maison l'une après l'autre pour vivre avec leurs époux. Elle était trop jeune pour comprendre la signification du mariage et les raisons pour lesquelles ses sœurs devaient quitter la maison. Elle les aimait beaucoup et fut triste et solitaire après leur départ. On dit qu'un certain mutisme et une douloureuse tristesse l'envahit alors.

Bien entendu, même après le mariage de ses sœurs, elle n'était pas seule dans la maison de ses parents. Barakah, l'esclave d'Aminah, la mère du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui), qui était avec le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) depuis sa naissance, Zayd Ibn Hâritha (que Dieu l'agrée) et 'Ali (que Dieu l'agrée), le jeune fils d'Abou Tâlib faisaient tous partie de la famille de Mouhammad (paix et bénédiction de Dieu sur lui) à cette époque. Et bien sûr, il y avait sa mère affectueuse, Khadîja (رضي الله عنها).

En sa mère et en Barakah, Fâtima (رضي الله عنها) trouva énormément de soulagement et de réconfort. En 'Ali (que Dieu l'agrée), qui n'avait que deux ans de plus qu'elle, elle trouva un frère et un ami, qui d'une manière ou d'une autre prenait la place de son propre frère Al-Qasim, mort en bas âge. Son autre frère, Abdullah, connu comme 'le bon et le pur', qui naquit après elle, mourut également en bas âge. Pourtant dans aucune des personnes composant la famille de son père, Fâtima (رضي الله عنها) ne trouva le plaisir insouciant et la joie qu'elle trouvait avec ses sœurs. Elle était une enfant exceptionnellement sensible pour son âge.

A l'âge de cinq ans, elle apprit que son père était devenu "Rasoul Dieu", le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui). Sa première obligation était de transmettre la bonne nouvelle de l'Islam à sa famille et à ses proches relations. Ils devaient adorer Dieu Tout Puissant Seul. Sa mère, qui était un puissant appui et soutien, expliqua à Fâtima (رضي الله عنها) ce que son père devait faire. A partir de ce moment, elle devint plus étroitement lié à lui et éprouva un amour profond et durable pour lui. Souvent elle marchait à ses côtés, à travers les rues étroites et les sentiers de la Mecque, visitant la Kabah, s'occupant des secrètes réunions des premiers musulmans à avoir accepté l'islam et à avoir prêté allégeance au Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui).

Un jour, alors qu'elle n'avait pas encore dix ans, elle accompagna son père à la mosquée al-Harâm où il se tint en un endroit nommé al-Hijr, en face de la Kabah, et commença à prier. Fâtima (رضي الله عنها) resta à ses côtés. Un groupe de Qouraych, avec de mauvaises intentions à l'égard du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui), se réunirent autour de lui. Il y avait Abou Jahl Ibn Hisham, l'oncle du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui), Uqbah Ibn Abi Muayt, Umayyah Ibn Khalaf, ainsi que Shaybah et Utbah, les fils de Rabi'ah. De façon menaçante, le groupe monta vers le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) et Abou Jahl, le meneur, demanda : 'lequel d'entre vous peut apporter les entrailles d'un animal abattu et les jeter sur Mouhammad ?'

Uqbah Ibn Abi Muayt, l'un des plus odieux du groupe, se porta volontaire et partit précipitamment. Il revint avec les ordures dégoûtantes et les jeta sur les épaules du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui), alors qu'il était toujours prosterné. Abdullah Ibn Masud, un compagnon du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui), était présent mais il ne pouvait rien dire ou faire. Imaginez le sentiment de Fâtima (رضي الله عنها), quand elle vit son père traité de la sorte. Que pouvait-elle faire, elle, une enfant de moins de dix ans ? Elle monta vers son père et lui retira les choses répugnantes puis elle se tint fermement et en colère devant le groupe de voyous Qouraych et lança des paroles blessantes contre eux. Ils ne lui dirent pas un seul mot. Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) releva sa tête de la prosternation et continua à accomplir la salat. Puis il dit 'Oh Dieu ! Puisses-tu punir ces Qouraych !' Et il répéta cette invocation trois fois. Puis il continua : 'Puisses-tu punir Utbah, Uqbah, Abou Jahl et Shaybah' ceux qu'il nomma moururent quelques années plus tard à la bataille de Badr.

A une autre occasion, Fâtima (رضي الله عنها) était avec le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) alors qu'il faisait la circombulation autour de la Kabah. Une foule de Qouraych se réunit autour de lui, le saisirent et essayèrent de l'étrangler avec ses propres vêtements. Fâtima (رضي الله عنها) cria et appela à l'aide. Abou Bakr (que Dieu l'agrée) accouru et réussit à libérer le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui). Il implorait alors : 'Tueriez-vous un homme qui dit : 'Mon seigneur est Dieu'. Au lieu de baisser les bras, la foule se tourna vers Abou Bakr (que Dieu l'agrée) et commença à le battre jusqu'à ce que le sang coule de sa tête et de son visage.

Elle fut témoin de telles scènes de cruelle opposition et de harcèlement contre son père et les premiers musulmans. Elle ne se tenait pas sagement de côté mais se joignait à la lutte pour la défense de son père et de sa noble mission. Elle n'était encore qu'une jeune fille, et au lieu de gambader joyeusement, au lieu de la gaîté et l'entrain auxquels chaque enfant de son âge est et doit normalement être habitué, Fâtima (رضي الله عنها) était témoin, et participait à de telles épreuves.

Bien sûr elle n'était pas la seule. Toute la famille du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) souffrait à cause des violents et stupides Qouraych. Ses sœurs, Rouqayya et Oum Kulthum souffraient également. Elles vivaient à ce moment dans un environnement de haine et de machination contre le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui). Leurs maris étaient Utbah et Utaybah, les fils d'Abou Lahab et d'Oum Jamil. Oum Jamil était connue comme une femme dure et bourrue qui avait une langue acérée et mauvaise. C'était principalement à cause d'elle que Khadîja (رضي الله عنها) n'était pas contente du mariage de ses filles avec les fils d'Oum Jamil. Cela dû être difficile pour Rouqayya et Oum Kulthum de faire partie de la famille de tels ennemis invétérés qui ne se joignaient pas seulement à la bataille contre leur père mais qui la menaient.

Comme un signe de déshonneur pour Mouhammad (paix et bénédiction de Dieu sur lui) et sa famille, Utbah et Utaybah furent poussés par leurs parents à répudier leurs femmes. Cela faisait partie du procédé pour bannir totalement le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui). Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) accueillit bien sûr ses filles, de retour à la maison, avec joie, bonheur et soulagement.

Sans aucun doute, Fâtima (رضي الله عنها) se réjouit d'être à nouveau avec ses sœurs, elles souhaitaient toutes que leur sœur aînée, Zaynab, soit aussi répudiée par son mari. En fait, les Qouraych exerçait une pression sur Abu-l Aas pour cela mais il refusa. Quand le meneur des Qouraych s'approcha de lui et lui promit la plus riche et la plus belle femme s'il répudiait Zaynab, il répondit : "j'aime profondément et passionnément ma femme, et j'ai une grande estime pour son père, même si je n'ai pas embrassé l'islam".

Rouqayya et Oum Kulthum étaient toutes deux heureuses d'être de retour auprès de leurs chers parents et d'être débarrassées de l'insupportable torture mentale dont elles faisaient l'objet chez Oum Jamil. Peu de temps après, Rouqayya se remaria, avec le jeune et timide 'Othman Ibn Affan, l'un des premiers à avoir accepté l'islam. Ils partirent tous deux pour l'Abyssinie aux côtés des premiers "muhajiroûn" (émigrés) qui cherchèrent refuge dans ce pays et y restèrent plusieurs années. Fâtima (رضي الله عنها) ne revit plus Rouqayya jusqu'après la mort de sa mère. La persécution du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui), de sa famille et de ses compagnons continua et s'aggrava même après l'émigration des premiers "muhajiroûn" en Abyssinie. Lors de la septième année environ de sa mission, le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) et sa famille durent quitter leur maison et trouvèrent refuge dans une petite vallée accidentée entourée de tous côtés de pentes et de défilés, dont on ne pouvait entrer de la Mecque que par un étroit chemin.

Dans cette vallée aride, Mouhammad et les clans de Banu Hashim et al-Muttalib furent forcés de se retirer avec peu de réserves de nourriture. Fâtima (رضي الله عنها) était l'un des plus jeunes membres du clan, elle avait environ douze ans, et devait passer des mois dans les privations et les souffrances. Les lamentations d'enfants et de femmes affamés pouvaient être entendues depuis la Mecque. Les Qouraych ne permirent aucun approvisionnement en nourriture ni contact avec les musulmans, dont la privation était seulement soulagée durant la saison du pèlerinage. Le boycott dura trois ans. Quand il fut levé, le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) dut faire face à encore plus d'épreuves et de difficultés.

La mort de sa mère Khadîja (رضي الله عنها)

Khadîja (رضي الله عنها), 'la croyante et l'affectueuse', mourut peu après. Avec sa mort, le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) et sa famille perdirent une de leur plus grande source de réconfort et de force qui les avait soutenus à travers les moments difficiles. L'année pendant laquelle la noble Khadîja (رضي الله عنها), puis ensuite Abou Tâlib, moururent, fut appelé l'année de la tristesse. Fâtima (رضي الله عنها), à présent une jeune fille, fut vivement attristée par la mort de sa mère. Elle pleura des larmes amères et pendant quelques temps fut si frappée par la douleur que sa santé se détériora. On craignit même qu'elle ne meure de chagrin.

Bien que sa sœur aînée, Oum Kulthum, demeurait dans la même famille, Fâtima (رضي الله عنها) réalisa qu'elle avait maintenant une grande responsabilité avec le décès de sa mère. Elle ressentait qu'elle devait donner à son père un soutien encore plus fort. Avec une tendresse affectueuse, elle se dévoua pour veiller à ses besoins. Elle fut si soucieuse par le bien-être de son père qu'on commença à l'appeler Oum Abi-ha, la mère de son père. Elle lui apportait ainsi un soulagement et un réconfort pendant les moments d'épreuve, de difficulté et de crise.

Souvent les épreuves étaient trop pour elle. Une fois, à cette époque, une foule insolente amoncela de la poussière et de la terre sur la gracieuse tête de Mouhammad (paix et bénédiction de Dieu sur lui). Quand il rentra à la maison, elle pleura abondamment et essuya la poussière de la tête de son père. 'Ne pleure pas' dit-il ' que Dieu protège ton père'.

Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) avait un profond amour pour Fâtima (رضي الله عنها), il dit une fois : 'Quiconque plait à Fâtima (رضي الله عنها) plait en réalité à Dieu, et quiconque cause sa colère cause en réalité celle de Dieu. Fâtima (رضي الله عنها) est une partie de moi. Ce qui lui plait me plait aussi, et ce qui l'a met en colère me met aussi en colère".

Fâtima (رضي الله عنها) acquis ainsi une place d'amour et d'estime dans le cœur de son père, qui n'était occupé que par sa femme Khadîja (رضي الله عنها).

Son émigration

Fâtima (رضي الله عنها) émigra à Médine quelques semaines après le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui). Elle y alla avec Zayd Ibn Harithah, qui fut renvoyé par le Prophète à la Mecque pour amener le reste de la famille, dont Fâtima (رضي الله عنها) et Oum Kulthum, Sawdah, la femme du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui), la femme de Zayd, Barakah et son fils Usamah. Pour voyager avec le groupe il y avait également Abdullah le fils d'Abou Bakr, qui accompagnait sa mère et ses sœurs, 'Âicha et Asma.

Son mariage avec 'Ali

A Madinah, Fâtima (رضي الله عنها) vivait avec son père dans la simple demeure qu'il avait construite, jouxtant la mosquée. En l'an 2 de l'Hégire, elle reçut des propositions de mariage par l'intermédiaire de son père, dont deux furent rejetées. 'Ali (que Dieu l'agrée), le fils d'Abou Tâlib, rassembla alors son courage et vint demander sa main au Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui). En présence du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) pourtant, il se laissa intimider et perdit sa langue. Il ne quitta pas le sol des yeux et ne put dire un mot. Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) lui demanda alors : 'Pourquoi es-tu venu ? As-tu besoin de quelque chose ?' 'Ali (que Dieu l'agrée) ne pouvait toujours pas parler alors le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) suggéra : 'Peut-être es-tu venu pour demander Fâtima (رضي الله عنها) en mariage ?' 'Oui' répondit 'Ali (que Dieu l'agrée). Selon ce qu'on rapporte, le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) dit simplement : 'Marhaban wa ahlan- Bienvenue dans la famille' et cela fut prit comme l'approbation du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) par 'Ali (que Dieu l'agrée) et par les Ansars qui l'attendaient dehors. On rapporte aussi que le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) approuva et demanda à 'Ali (que Dieu l'agrée) s'il avait quelque chose à donner en dot. 'Ali (que Dieu l'agrée) répondit que non. Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) lui rappela qu'il avait un bouclier qu'il pouvait vendre.
Ali (que Dieu l'agrée) vendit le bouclier à Uthman pour quatre dirhams et pendant qu'il se dépêchait de retourner chez le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) pour lui remettre la dot, Uthman l'arrêta et lui dit : 'Je te rends ton bouclier comme cadeau de ma part pour ton mariage avec Fâtima (رضي الله عنها)'. Fâtima (رضي الله عنها) et 'Ali (que Dieu l'agrée) se marièrent donc probablement au début de l'an 2 de l'Hégire. Elle avait environ 19 ans à ce moment, et 'Ali (que Dieu l'agrée) en avait environ 21. Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) lui-même dirigea la cérémonie du mariage. Pour le "Walîmah", on servit aux invités des dattes, des figues et une mixture de dattes et de beurre gras appelé hais. Un membre dirigeant des Ansars offrit un bélier et d'autres firent des dons de céréales. Tout Madinah se réjouit.

Pour son mariage, on rapporte que le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) offrit à Fâtima (رضي الله عنها) et à 'Ali (que Dieu l'agrée) un lit de bois entrelacé de feuilles de palmes, une couverture de lit en velours, un coussin en cuir rempli de fibres de palmes, une peau de mouton, une marmite, une outre en peau et une meule manuelle pour moudre le grain.

Fâtima (رضي الله عنها) quitta pour la première fois la maison de son bien-aimé père pour vivre avec son mari. Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) était clairement inquiet à son sujet et envoya Barakah avec elle au cas où elle aurait besoin d'aide. Aucun doute que Barakah était source de réconfort et de consolation pour elle. Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) pria pour elle : 'Ô Dieu, bénit les tous deux, bénit leur maison et bénit leur descendance'. Dans l'humble demeure d'Ali (que Dieu l'agrée) il y avait seulement une peau de mouton en guise de lit. Le matin qui suivit la nuit de noces, le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) vint chez 'Ali (que Dieu l'agrée) et toqua à la porte. Barakah sortit et le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) lui dit : ' Ô Oum Ayman ? Appelle mon frère pour moi' 'Ton frère ? C'est celui à qui tu as marié ta fille ?' demanda Barakah de façon quelque peu dubitative comme si elle se demandait : 'Pourquoi le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) appelle 'Ali (que Dieu l'agrée) son frère ?' Il faisait référence à 'Ali (que Dieu l'agrée) comme son frère seulement parce que faisant partie des musulmans qui se joignirent à la fraternité après l'hijrah, le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) et 'Ali (que Dieu l'agrée) était donc liés comme des frères.

Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) répéta ce qu'il venait de dire à plus haute voix. 'Ali (que Dieu l'agrée) vint et le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) fit une du'a, invoquant les bénédictions de Dieu sur lui. Puis il demanda Fâtima (رضي الله عنها). Elle arriva se faisant presque toute petite, dans un mélange de respect et de timidité et le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) lui dit : 'Je t'ai marié à la personne de ma famille qui m'est le plus cher', de cette façon il cherchait à la rassurer. Elle ne commençait pas à vivre avec un parfait étranger mais avec quelqu'un qui avait grandi dans la même famille, qui était l'un des premiers à être devenu musulman à un jeune âge, qui était connu pour son courage, sa bravoure et sa moralité, et que le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) décrivait comme 'son frère dans ce monde et dans l'au-delà'.

La vie de Fâtima (رضي الله عنها) avec 'Ali (que Dieu l'agrée) fut aussi simple et sobre qu'elle l'avait été chez son père. En fait, en ce qui concerne le confort matériel, c'était une vie de difficultés et de privations. Durant leur vie commune, 'Ali (que Dieu l'agrée) resta pauvre car il n'attachait que peu d'importance aux richesses matérielles.

Fâtima (رضي الله عنها) était la seule parmi ses sœurs à ne pas avoir épouser un homme riche.

En fait, on pourrait dire que la vie de Fâtima (رضي الله عنها) avec 'Ali (que Dieu l'agrée) était même plus rigoureuse que celle qu'elle eut chez son père. Au moins, avant le mariage, il y avait toujours dans la famille du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) une quantité de mains prêtes à aider. Mais maintenant elle devait faire face seule, de fait. Pour soulager leur pauvreté extrême, 'Ali (que Dieu l'agrée) travaillait comme peintre et porteur d'eau et elle comme broyeuse de céréales. Un jour elle dit à 'Ali (que Dieu l'agrée) : 'J'ai moulu jusqu'à ce que mes mains se couvrent de cloques'.
'J'ai puisé de l'eau jusqu'à en avoir mal à la poitrine' répliqua 'Ali (que Dieu l'agrée). Celui-ci suggéra à Fâtima (رضي الله عنها) e Dieu a donné à ton père quelques prisonniers de guerre, va lui demander de te donner un esclave'
A contrecœur, elle alla chez le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) qui lui dit : 'qu'est-ce qui t'amène ici, ma petite fille ?' 'Je suis venue te donner le Salam' dit-elle de peur qu'il ne puisse lui donner ce qu'elle avait l'intention de demander.
'Que faisais-tu ?' demanda 'Ali (que Dieu l'agrée) lorsqu'elle repartit seule.
'J'avais honte de lui demander' dit-elle. Alors tous deux vinrent ensemble mais le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) sentit qu'ils étaient moins dans le besoin que d'autres.
'Je ne vais pas vous le donner' dit-il 'et laisser les Ahl as-Suffah (pauvres musulmans restés dans la mosquée) tourmentés par la faim. Je n'ai pas assez pour leur nourriture…'
Ali (que Dieu l'agrée) et Fâtima (رضي الله عنها) rentrèrent chez eux, et se sentirent quelque peu découragés mais cette nuit, après qu'ils soient allés se coucher, ils entendirent la voix du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) leur demandant la permission d'entrer. Pour l'accueillir, ils se levèrent, mais le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) leur dit : 'Restez où vous êtes' et il s'assit à côté d'eux 'Ne vous indiquerais-je pas quelque chose de meilleur que ce que vous êtes venus me demander ?' demanda-t-il et ils lui dirent 'Si', il dit : 'Les mots que Jibril m'a enseignés, que vous pouvez dire : 'Subhaan Dieu' dix fois après la prière, et dix fois "AI hamdu lillah' et dix fois "Allahu Akbar". Et ceci, avant de dormir, il faut que vous le disiez 33 fois chacun.
Ali (que Dieu l'agrée) dit plus tard : 'je n'ai jamais manqué de le faire depuis que le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) nous l'a enseigné'

Il existe plusieurs récits sur les temps durs et difficiles auxquels Fâtima (رضي الله عنها) a du faire face. Il n'y avait souvent aucune nourriture chez elle. Une fois, le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) était affamé. Il alla de l'un à l'autre des appartements de ses femmes mais il n'y avait pas de nourriture. Il alla alors chez Fâtima (رضي الله عنها), et elle n'avait pas non plus de nourriture. Quand il trouva en fin de compte de la nourriture, il envoya deux miches de pain et un morceau de viande à Fâtima (رضي الله عنها). Une autre fois il alla chez Abou Ayyoub al-Ansari et de la nourriture qui lui fut donnée, il en garda pour elle. Fâtima (رضي الله عنها) savait aussi quand le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) n'avait pas de nourriture pendant de longues périodes, et en retour elle lui en apportait quand elle le pouvait. Une fois, elle lui donna un morceau de pain d'orge, et il lui dit 'c'est la première nourriture que ton père a mangée depuis trois jours'.

Par ces actes de bonté, elle montrait combien elle aimait son père et il l'aimait vraiment en retour.

Un jour, il revenait d'un voyage hors de Madinah. Il se rendit d'abord à la mosquée et pria deux ra'kats comme de coutume. Puis, comme il le faisait souvent, il se rendit chez Fâtima (رضي الله عنها) avant d'aller chez ses femmes. Fâtima (رضي الله عنها) l'accueillit et embrassa son visage, sa bouche et ses yeux et pleura.
'Pourquoi pleures-tu ?' demanda le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui).
'Je te vois, Ô Rasul Dieu, ton teint est pâle et jaune et tes habits sont devenus usés et élimés.' 'Ô Fâtima (رضي الله عنها)' répondit le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) tendrement 'Ne pleure pas car Dieu a envoyé ton père avec une mission qui touchera chaque maison sur la surface de la terre, que ce soit dans les villes, les villages ou les campements du désert apportant soit la gloire soit l'humiliation jusqu'à ce que cette mission soit accomplie avant que la nuit ne tombe inévitablement.'

Avec de telles observations, Fâtima (رضي الله عنها) était souvent amenée de la dure réalité de la vie quotidienne à un aperçu des perspectives immenses et de grande portée ouvertes par la mission dont était investi son noble père.

Fâtima (رضي الله عنها) retourna par la suite vivre dans une maison proche de celle du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui). L'endroit fut offert par un Ansari qui savait que le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) se réjouirait d'avoir sa fille comme voisine. Tous les deux partageaient le quotidien mouvementé de la vie à Médine, aussi bien dans la joie et la réussite que dans la peine et la difficulté.

La mort de sa soeur Rouqiyya (رضي الله عنها)

Au milieu de la seconde année suivant la Hijrah sa sœur Rouqayya tomba malade : Elle fut prise par la fièvre et la rougeole. Ce fut peu de temps avant la bataille de Badr. Uthman (que Dieu l'agrée), son mari, resta à ses côtés et manqua la bataille. Rouqayya mourut juste avant le retour de son père. De retour à Medinah, un des premières choses qu'il fit fut de se rendre sur sa tombe.

Fâtima (رضي الله عنها) y alla avec lui. C'était la première perte qu'ils subirent au sein de leur proche famille depuis la mort de Khadîja (رضي الله عنها). Fâtima (رضي الله عنها) fut énormément touchée par la mort de sa sœur. Les larmes coulèrent de ses yeux dès qu'elle s'assit à côté de son père sur le bord de la tombe, et il la consola et chercha à sécher ses larmes avec le coin de son manteau.

Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) avait auparavant parlé des lamentations de la mort, mais cela avait amené un malentendu et quand il revinrent du cimetière, la voix de 'Omar (que Dieu l'agrée) en colère fut entendue, contre les femmes qui pleuraient pour les martyrs de Badr et pour Rouqayya. 'Umar laisse-les pleurer' dit le Prophète Mouhammad (paix et bénédiction de Dieu sur lui) et il ajouta : 'Ce qui vient du cœur et des yeux, cela vient de Dieu et de sa miséricorde, mais ce qui vient des mains et de la langue, cela vient de Satan' - par "les mains", il faisait allusion au fait de se frapper la poitrine et de se gifler les joues et par "la langue", aux cris en cœur lancés par les femmes, comme une marque publique de sympathie.

'Othman (que Dieu l'agrée) épousa plus tard l'autre fille du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui), Oum Kulthum (رضي الله عنها), et de ce fait devint le Dhu-n Nurayn –l'homme aux deux lumières.

La naissance de ses fils Al-Hasan et Al-Housayn (رضي الله عنهما)

La perte dont souffrit la famille avec la mort de Rouqayya (رضي الله عنها) fut suivie par la joie quand, au grand plaisir de tous les croyants, Fâtima (رضي الله عنها) donna naissance à un garçon au mois de Ramadan de la troisième année après l'hégire. Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) prononça l'Adhan dans l'oreille du nouveau-né et l'appela Al-Hasan, ce qui signifie le beau.

Un an plus tard elle donna naissance à un autre garçon, qui fut appelé Al-Husayn, ce qui signifie le petit Hassan ou 'le petit beau'. Fâtima (رضي الله عنها) emmenait souvent ses deux fils voir leur grand-père qui les aimait excessivement. Plus tard il les emmenait à la Mosquée et ils grimpaient sur son dos quand il se prosternait. Il fit de même avec sa petite-fille, Umamah, la fille de Zaynab.

La naissance de ses filles Zaynab et Oum Kalthoum (رضي الله عنها)

Huit ans après l'hégire, Fâtima (رضي الله عنها) donna naissance à un troisième enfant, une fille qu'elle nomma comme sa sœur aînée Zaynab, qui était décédée peu avant sa naissance. Cette Zaynab grandit et fut l'héroïne de Karbala. Le quatrième enfant de Fâtima (رضي الله عنها) naquit l'année d'ensuite. L'enfant était aussi une fille et elle l'appela Oum Kulthum comme sa sœur qui mourut l'année précédente d'une maladie. Ce fut seulement par la progéniture de Fâtima (رضي الله عنها) que la descendance du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) fut perpétuée. Tous les enfants mâles du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) étaient morts en bas âge et les deux enfants de Zaynab (رضي الله عنها), 'Ali et Umamah, moururent jeunes. L'enfant de Rouqayya, Abdullah, mourut aussi alors qu'il n'avait pas deux ans. Cela était une raison supplémentaire à l'admiration accordée par le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) pour Fâtima (رضي الله عنها).

Bien que Fâtima (رضي الله عنها) était souvent occupée avec les grossesses, les naissances, et l'éducation des enfants, elle prenait part autant qu'il lui était possible aux affaires de la communauté musulmane grandissante de Madinah.

Avant son mariage elle était une sorte d'hôtesse pour les pauvres et les démunis d'Ahl as-Suffah. Dès la fin de la bataille d'Uhud, elle vint avec d'autres femmes sur le champ de bataille, pleura les martyrs morts et prit le temps de panser les blessures de son père. Au coirs de la bataille des tranchées, elle joua un rôle majeur de soutien avec d'autres femmes en préparant à manger durant le long et difficile siège. Dans son camp, elle menait la prière des femmes musulmanes et à cet endroit on construisit une mosquée appelée Masjid Fâtima, une des sept mosquées où les musulmans étaient de garde et accomplissaient leurs adorations.

Fâtima (رضي الله عنها) accompagna aussi le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) quand il fit la Umrah au cours de la 6ème année de l'Hégire, après le traité d'Hudaybiyyah. L'année qui suivit, elle et sa sœur Oum Kulthum furent parmi la foule nombreuse de musulmans qui participèrent avec le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) à la libération de la Mecque. On rapporte qu'en cette occasion, Fâtima (رضي الله عنها) et Oum Kulthum (رضي الله عنها) visitèrent la maison de leur mère Khadîja (رضي الله عنها), se rappelèrent les souvenirs de leur enfance et de leur jihad, des longs combats dans les 1ères années de mission du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui).

La mort du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) et l'annoce qu'elle sera la première de sa famille à le rejoindre

Au cours de Ramadhan de la 10ème année, juste avant qu'il n'accomplisse son pèlerinage d'adieu, le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) confia à Fâtima (رضي الله عنها) un secret révélé à personne jusqu'alors : 'Jibril me récitait le Quran et je le lui récitais une fois par an, mais cette année il l'a récité avec moi deux fois. Je suis bien forcé de croire que mon temps est venu'.

De retour de son pèlerinage d'adieu, le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) tomba gravement malade. Il passa ses derniers jours dans l'appartement de sa femme 'Âicha (رضي الله عنها). Quand Fâtima (رضي الله عنها) venait lui rendre visite, 'Âicha (رضي الله عنها) laissait le père et sa fille seuls ensemble.

Un jour il appela Fâtima (رضي الله عنها)… quand elle vint il l'embrassa et murmura quelques mots dans son oreille. Elle pleura. Alors il murmura à nouveau dans son oreille et elle sourit. 'Âicha (رضي الله عنها) vit cela et demanda : 'tu pleures et tu ris en même temps Fâtima (رضي الله عنها) ? Que t'a dit le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) ?'
'Il me dit d'abord qu'il allait rencontrer son Seigneur dans un court instant et j'ai pleuré.' Il me dit alors : 'Ne pleure pas tu seras la 1ère de ma maison à me rejoindre et là j'ai souris.'

Peu de temps après, le Noble Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) décéda. Fâtima (رضي الله عنها) était frappée de chagrin et on la vit souvent pleurer abondamment. Un des compagnons nota qu'il ne vit plus Fâtima (رضي الله عنها) rire après la mort de son père.

Sa mort

Un matin, tôt, au cours du mois de Ramadhan, 5 mois seulement après la mort du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui), Fâtima (رضي الله عنها) se réveilla semblant exceptionnellement heureuse et pleine de gaieté. L'après-midi, on rapporte qu'elle appela Salma bint Umays (رضي الله عنها) qui veillait sur elle. Elle demanda de l'eau et prit un bain. Elle mit alors de nouveaux habits et se parfuma. Elle demanda ensuite à Salma de mettre son lit dans la cour de la maison. Le visage tourné vers le ciel au-dessus, elle demanda son mari 'Ali (que Dieu l'agrée).

Il fut surpris de la voir étendue au milieu de la cour et lui demanda ce qui n'allait pas. Elle sourit et dit : 'j'ai rendez-vous aujourd'hui avec le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui)'

Ali (que Dieu l'agrée) pleura et elle essaya de le consoler. Elle lui dit de prendre soin de ses fils Al-Hasan et Al-Husayn et demanda à être enterrée sans cérémonie. Elle fixa à nouveau le ciel, puis ferma les yeux et rendit l'âme.

Fâtima (رضي الله عنها) la resplendissante n'avait que 29 ans…

Ses mérites

Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a dit : "Les femmes qui ont atteint la perfection dans ce monde sont au nombre de quatre : la vierge Marie, Asiya la femme de Pharaon, Khadîja (رضي الله عنها) la mère des croyants, et Fâtima (رضي الله عنها) la fille de Mouhammad (paix et bénédiction de Dieu sur lui)".

On donna à Fâtima (رضي الله عنها) le titre de [az-Zahra], ce qui signifie la Resplendissante, en rapport avec son visage radieux, qui semblait diffuser de la lumière. On dit que lorsqu'elle se levait pour la prière, le mihrab reflétait la lumière de son visage. On l'appelait aussi al-Batul, en raison de son ascèse. Au lieu de passer son temps en compagnie d'autres femmes, elle passait beaucoup de son temps en prière, à lire le Coran ou à d'autres actes d'adoration.

Son caractère

Fâtima (رضي الله عنها) avait une forte ressemblance avec son père, le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) . Aicha (رضي الله عنها), l'épouse du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui), dit d'elle : 'je n'ai jamais vu une créature de Dieu qui ressemblait davantage au Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) dans son langage, sa conversation et sa façon de s'asseoir que Fâtima (رضي الله عنها). Quand le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) la voyait s'approcher, il l'accueillait, se levait et l'embrassait, la prenait par la main et la faisait asseoir à l'endroit où il était assis. Elle faisait de même quand le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) venait vers elle. Elle se levait, l'accueillait avec joie et l'embrassait.

Les bonnes manières de Fâtima (رضي الله عنها), son doux langage, faisaient partie de sa ravissante et sympathique personnalité. Elle était particulièrement gentille avec les pauvres et les nécessiteux, et donnait souvent toute la nourriture qu'elle avait à quelqu'un qui se trouvait dans le besoin même si elle-même restait sur sa faim. Elle n'avait aucun amour pour les ornements, ni pour le luxe et le confort de la vie. Elle vivait simplement, bien que, parfois, comme nous le verrons, les circonstances étaient vraiment trop éprouvantes et trop difficiles pour elle.

Elle a hérité de son père une éloquence convaincante, puisée dans la sagesse. Quand elle parlait, les gens étaient souvent émus aux larmes. Elle avait la capacité et la sincérité pour créer des émotions, émouvoir les gens aux larmes, et emplir leur cœur de louange et de gratitude pour Dieu pour ses faveurs et sa générosité inestimable.

source: risala.net

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19 avril 2007 4 19 /04 /avril /2007 21:51
Sa généalogie

C'est le fils de Az-Zoubayr (رضي الله عنه) et de Asma (رضي الله عنها).

Le partage de l'héritage de son père (36 H)

'Abdullâh Ibn Az-Zoubayr (رضي الله عنهما) a dit : "Le jour de la bataille du chameau, lorsque Az-Zoubayr se dressa entre les partisans de 'Aïcha et ceux de 'Ali, il m'appela et je me tins debout à son côté. Il me dit : "Mon petit! Voici un jour où ne sera tué qu'un injuste ou la victime d'une injustice, et je voix sûrement que je vais être tué aujourd'hui victime d'une injustice. Parmi mes plus grands soucis est certainement ma dette. Penses-tu que l'acquittement de ma dette vous laissera quelque chose de mes biens?"
Puis il dit : "Mon petit! Vends nos biens et paie notre dette. Il en légua le tiers et le tiers de ce tiers aux fils de 'Abdullâh Ibn Az-Zoubayr".
Il dit : "Si, après le règlement de ma dette, il reste quelque chose de nos biens, que le tiers en soit donné à tes enfants".
Hishâm dit : "Le fils de 'Abdullâh avait vu quelques-uns des fils de Az-Zoubayr, Khoubeyb et 'Abbâd. Il avait alors neuf fils et neuf filles".
'Abdullâh dit : "Il se mit à me recommander sa dette en disant : "Mon petit! Si tu ne peux payer une partie de ta dette, cherche aide auprès de mon Seigneur".
Il dit : "Par Dieu, je n'ai pas compris ce qu'il disait et je lui dis : "Père! Qui est donc ton Seigneur?""
Il dit : "Dieu".
Il dit : "Chaque fois que j'ai eu des difficultés à payer ses dettes, je disais : "Maître de Az-Zoubayr, acquitte pour lui sa dette!", et Il l'acquittait".
Il dit : "Az-Zoubayr fut donc tué sans laisser ni dinars ni dirhams à part des terres, dont celle nommée "la forêt". Il laissa de même onze maisons à Médine, deux de Basra, une à Koufa et une en Egypte".
Il dit : "Toutes ses dettes ne provenaient que du fait suivant : "chaque fois que quelqu'un venait lui confier quelque chose, il lui disait : "Que ce soit à tire d'emprunt car je crains de la perdre"".
Jamais il n'a accepté un poste de commandement ou une charge de collecteur d'impôts ou autre à moins qu'il ne fût dans une campagne militaire avec le Messager de Dieu (صلى الله عليه و سلم) ou Abou Bakr, ou 'Omar, ou 'Othmân, que Dieu leur accorde satisfaction".
'Abdullâh dit : "J'ai évalué le montant de sa dette et je l'ai trouvé de deux millions deux cent mille dinars".
Hakim Ibn Hizam rencontra 'Abdullâh Ibn Az-Zoubayr et lui dit : "Ô fils de mon frère! Combien doit mon frère?"
Je lui en cachais la vraie valeur et lui dis : "Cent mille dinars".
Hakim dit : "Par Dieu! Je ne crois pas que vos biens suffiront à la payer".
'Abdullâh dit : "Que dirais-tu si elle s'élevait à deux millions deux cent mille?"
Il dit : "Je ne vous vois pas capables de vous en tirer. De toutes façon, toutes les fois que vous aurez des difficultés, adressez-vous à moi".
Il dit : "Az-Zoubayr avait acheté "la forêt" pour cent soixante mille dinars. 'Abdullah la vendit pour un million six cent mille. Puis il se leva et dit : "Que celui à qui Az-Zoubayr doit quelque chose vienne me rejoindre à la forêt".
'Abdullâh Ibn Ja'far l'y rejoignit. Az-Zoubayr lui devait quatre cent mille dinars.
Il dit à 'Abdullah Ibn Az-Zoubayr : "Si vous voulez je renonce pour vous à mon dû".
'Abdullâh lui dit : "Non".
Il dit : "Si vous voulez, reportez à plus tard le paiement de ce que vous me devez".
'Abdullah dit encore :"Non".
Il dit : "Dans ce cas, donnez-moi une partie de "la forêt".
'Abdullah dit : "Tu en as d'ici à là-bas".
'Abdullâh en vendit une partie. Cela suffit à payer la dette et il en resta quatre parts et demie. Il se rendit chez Mou'âwiyâ alors qu'il avait auprès de lui, 'Amr Ibn 'Othmân, Al Mondhir Ibn Az-Zoubayr et Ibn Zam'a.
Mou'âwiyâ lui dit : "A combien a été évalué "la forêt"?
Il dit : "Chaque part a été estimée à cent mile dinars"
Il dit : "Combien en reste t-il?" Il dit : "Quatres partes et demie".
Al Mondhir Ibn Az-Zoubayr dit : "J'en prends une pour cent mille dinars".
'Amr Ibn Othmân dit à son tour : "J'en prends une aussi à cent mille dinars".
Ibn Zam'a dit enfin : "J'en prends une à cent mille dinars".
Mou'âwiyâ dit alors : "Combien en reste t-il?"
Il dit : "Une part et demie".
Il dit : "Je les prends pour cent cinquante mille dinars".
Quand Ibn Az-Zoubayr régla le restant de la dette, les fils de Az-Zoubayr lui dirent : "Partage entre nous notre part d'héritage".
Il dit : "Par Dieu! Je ne la partagerai entre vous qu'après avoir crié durant le pèlerinage de quatre années consécutives : "A qui Az-Zoubayr doit encore quelque chose?"".
Une fois les quatre années révolues, il partagea l'héritage et leur en donna le tiers. Az-Zoubayr avait eu quatre femmes. A chacune d'elles revint la somme de un million deux cent mille dinars. Toute sa fortune s'élevait donc à cinquante millions et deux cent mille dinars". (Al-Boukhâri)

Après la mort de Mou'awiya, fils Yazîd prône le califat et demande de lui faire acte d'allégeance (60 H.)

Au moment où Mu'âwiya rend son dernier souffle à Damas, Yazîd se trouve à Hawârîn, près de Alep. En apprenant la nouvelle, il rentre à Damas, où il se rend directement au cimetière, et va prier sur la tombe de son père.

Ensuite Yazîd fait envoyer à al-Walîd Ibn 'Uqba, gouverneur de Médine, la nouvelle de la mort de son père ; il lui écrit aussi de demander aux Médinites de lui faire allégeance en tant que calife, et de commencer par les "piliers" des Quraysh et surtout par Al-Housayn Ibn Alî.

A Médine, sitôt le reçu, Al-Walîd fait mander Abdullâh Ibn az-Zubayr et Al-Housayn (que Dieu les agrée) et leur demande de faire allégeance au nouveau calife.

Abdoullâh Ibn Az-Zoubayr et Al-Housayn viennent tous deux, ne font pas allégeance et demandent de remettre l'affaire à un peu plus tard.

Il quitte aussitôt Médine et prend le chemin de la Mecque.
 

source: risala

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28 septembre 2006 4 28 /09 /septembre /2006 17:06


Son mariage avec Abou Talha (رضي الله عنه)

D'après Anas (رضي الله عنه), Malick Ibn Anas dit à sa femme, Oum Soulaym, la mère d'Anas : "Cet homme (le Prophète) interdit le vin". Et puis il regagna la Syrie où il périt. Par la suite Abou Talha s'adressa à Oum Soulaym, histoire de lui demander sa main.
La dame répondit en ces termes : "Abou Talha, un homme comme toi ne peut pas être éconduit, mais tu es encore mécréant et moi je suis musulmane, ce qui rend notre mariage impossible".
- "Dis, quel en est le coût ?"
- "De quel coût s'agit-il ?"
- "De l'or et de l'argent."
- "Je ne veux ni or ni argent, mais je veux que tu deviennes musulman. Si tu te convertis, je m'en contenterai à titre de dot et je ne veux rien d'autre."
- "Comment m'y prendre (c'est-à-die qui va m'aider à le faire) ?"
- "le Messager d'Allah."
Abou Talha alla sur le champ retrouver le Messager d'Allâh au milieu d'un groupe de ses compagnons. Quand le Messager le vit venir, il leur dit : "Voilà Abou Talha qui arrive le visage éclairé par l'Islam".
Abou Talha lui raconta ce qu'Um Soulaym avait dit et il la lui donna en mariage.

La mort de son enfant et sa patience dans cette épreuve

Thait al-Banani (l'un des rapporteurs du hadith d'après Anas) a dit : "Nous ne sachions pas une dot fût plus importante que la sienne puisqu'il se contenta de l'adhésion à l'Islam (de son homme). Cette épouse était de petite taille aux yeux charmants. Elle resta auprès de son mari qui l'aimait très fort et ils eurent un enfant. Ensuite celui-ci tomba gravement malade. Ce qui toucha Abou Talha profondément.

Abou Talha se levait à l'aube, faisait ses ablutions et se rendait auprès du Prophète (صلى الله عليه و سلم) pour prier avec lui et restait en sa compagnie jusqu'au milieu de la journée. Et puis il rentrait chez lui pour manger et se reposer. Après avoir accompli la prière du zuhr, il repartit pour rejoindre le Prophète (صلى الله عليه و سلم) et ne revenait qu'après la prière du crépuscule.

Une fois Abou Talha alla retrouver le Prophète (صلى الله عليه و سلم) dans la soirée [à la mosquée] et l'enfant décèda (pendant son absence).
Oum Soulaym se dit : personne n'informera Abou Talha du décès de son fils avant moi. Elle prépara le corps de l'enfant et le couvrit et le plaça dans un coin de la maison comme s'il s'endormait. Abou Talha revint de chez le Mesager d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) en compagnie d'un groupe de ses compagnons et co-utilisateurs de la mosquée.
- "Comment va mon fils ?" Dit-il.
- "Ô Abou Talha, il est aujourd'hui plus calme qu'il ne l'a jamais été depuis le début de sa souffrance et j'espère qu'il s'est reposé." Dit-elle.
Et puis elle servit le dîner et ils mangèrent. Puis les gens prirent congé de lui. Et Il alla se coucher. Sa femme se mit dans sa meilleure toilette. C'est-à-dire qu'elle se para pour être plus belle.

Elle vint se coucher à côté de lui. Dès qu'il sentit l'odeur du parfum, il fit avec elle ce qu'un homme fait à sa femme.

Vers la fin de la nuit, elle dit : "Abou Talha, dis-moi ! Si des gens prêtaient à d'autres un objet et venaient le leur réclamer ensuite, les emprunteurs pourraient-ils refuser la restitution de l'emprunt ?"
- "Non."
- "Allâh le Puissant, le Majestueux t'avait prêté ton fils et Il l'a repris. Sois patient et espère en être compensé par Allah."

Il fut furieux et lui dit : "Tu me laisses faire ce que j'ai fait (les rapports intimes) puis tu m'annonces le décès de mon fils ?!" Et puis il dit : "Nous appartenons à Allâh et c'est à Lui que nous retournerons" et loua Allah.

Au matin, il prit un bain, se rendit auprès du Messager d'Allâh (صلى الله عليه و سلم), pria avec lui et l'informa de ce qui s'était passé.
Le Messager d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) dit : "Puisse Allâh faire de la nuit dernière une nuit bénie pour vous".
Cette prière prophétique profita à Oum Soulaym et elle conçut un enfant.

La naissance de son nouveau fils

Elle accompagnait le Messager (صلى الله عليه و سلم) dans ses voyages et ne le quittait nulle part.
Le Messager d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) dit : "Si elle accouche, amenez-moi l'enfant."

Une fois, elle l'accompgnait dans un voyage et le Prophète (صلى الله عليه و سلم) avait l'habitude, à son retour à Médine, de ne pas y entrer en pleine nuit. Quand ils arrivèrent à proximité de Médine, Oum Soulaym commença le travail d'accouchement. Abou Talha alla s'occuper d'elle tandis que le Messager d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) poursuivait son voyage.
Abou Talha dit : "Ô Maître, tu sais qu'il me plaît de sortir avec ton Prophète et de rentrer avec lui. Mais voilà que je me trouve retenu par ce que Tu vois..".
Oum Soulaym lui dit : "Abou Talha, je ne sens plus ce que je sentais".
Le couple reprit son voyage et la femme ne recommença son travail d'accouchement qu'après leur arrivée à Médine. Elle eut un garçon et dit à son fils Anas : "Anas, je ne l'allaiterai que quand tu l'aurais montré au Messager d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) et elle lui remit des dattes avec le bébé".
Anas dit : "Le bébé pleura toute la nuit et je m'en occupais jusqu'au matin. Puis je le portai au Messager d'Allâh que je trouvai vêtu d'un manteau et entrain de marquer des chameaux et des moutons (il s'agissait du marquage des chameaux issus de la zakat pour éviter leur perte). Quand il regarda le bébé, il dit :
- "Est-ce que la fille de Malhane a accouché ?"
- "Oui" Lui dit Anas.
- "Attends que je sois entièrement à vous." Et puis il jeta ce qu'il avait en main, saisit le bébé et dit : "Est-ce qu'il est venu avec quelque chose ?"
- "Oui, des dattes" Lui dirent-ils.
Et puis, le Prophète (صلى الله عليه و سلم) prit quelques dattes, les mit dans sa bouche pour les mouiller avec sa salive. Puis il ouvrit la bouche du bébé, y introduisit les dattes et les fit passer à la partie supérieure de la bouche Le bébé se mit à lécher les dattes et les sucer. Ainsi la première nourriture reçue par l'estomac de ce bébé fut mélangée avec la salive du Messager d'Allâh (صلى الله عليه و سلم).
Celui-ci dit : "Voyez comment les Ansars aiment les dattes !"
Anas dit : je lui dit : ô Messager d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) donne-lui un nom.
Il massa son visage et l'appela Abd Allah. Aucun jeune des Ansars n'était meilleur que lui. Il eut beaucoup de descendants et subit le martyr pendant la conquête de la Perse par les Musulmans. Ceci fait partie des effets de la prière bénie du Prophète (صلى الله عليه و سلم). (Al-Boukhari, Mouslim, Ahmad, at-Tayalissi)

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16 janvier 2006 1 16 /01 /janvier /2006 16:06
Son nom et sa généalogie

C'est Zaynab, fille de Jahch, cousine du Prophète (صلى الله عليه و سلم).

Son premier mariage avec Zayd (رضي الله عنه) (3 H.)

Son mariage avec le Prophète (صلى الله عليه و سلم)

Ibn Al-Qayyim (رحمه الله) a dit : "Le Messager d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) regarda Zaynab Bint Djahch (رضي الله عنها) et dit : "Louange à Celui qui détourne les Cœurs". Elle était l'épouse de Zayd Ibn Hâritha (رضي الله عنه) son esclave affranchit, qui voulait divorcer d'elle. Le Messager d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) lui dit : "Crains Allâh ! Et garde pour toi ton épouse". (Al-Boukhâri, Mouslim)
Et quand Zayd (رضي الله عنه) a divorcé d'elle, Allâh (تعالى) a fait, du haut des sept cieux [sab'a samawât], qu'elle épouse le Messager d'Allâh (صلى الله عليه و سلم). Allâh est Le Proche [Waliy] qui l'a fait [Zaynab] épouser au Prophète (صلى الله عليه و سلم).
Il lui conclut l'acte de mariage du haut de Son Trône ['arch], et Il révéla à son Prophète : {Quand tu disais à celui qu'Allâh avait comblé de bienfait, tout comme toi-même l'avais comblé : "Garde pour toi ton épouse et crains Allâh", et tu cachais en ton âme ce qu'Allâh allait rendre public. Tu craignais les gens, et c'est Allâh qui est plus digne de ta crainte. Puis quand Zayd eut cessé toute relation avec elle, Nous te la fîmes épouser, afin qu'il n'y ait aucun empêchement pour les croyants d'épouser les femmes de leurs fils adoptifs, quand ceux-ci cessent toute relation avec elles. Le commandement d'Allâh doit être exécuté. } (33/37)". (Kitâb al-Dâ'a wal-Dawâ' p.378)

Sa mort

En l'an 20 de l'Hégire.

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18 décembre 2005 7 18 /12 /décembre /2005 18:06

Nous ne connaissons pas précisément les circonstances qui ont fait que la jeune fille abyssine se retrouva esclave à vendre à la Mecque. Nous ne savons rien de ses racines, de sa mère, de son père ou de ses ancêtres.

Ils furent très nombreux comme elle, filles et garçons, arabes et non-arabes, capturés puis mis en vente sur le marché aux esclaves de la ville. Un terrible sort attendit certains d’entre eux qui se retrouvèrent aux mains de maîtres ou de maîtresses cruels qui les firent travailler comme des bêtes de somme et les traitèrent avec une dureté extrême.


Dans cet environnement hostile, rares furent ceux qui eurent plus de chance et qui rejoignirent les foyers de gens gentils et attentionnés.

Barakah- que Dieu l’agrée - la jeune fille abyssine, fit partie des plus chanceux. Elle fut achetée par le généreux et aimable `Abdullah, le fils d’Abd al-Muttalib. Elle devint l’unique servante de son foyer et lorsqu’il se maria avec la Dame Amina, elle s’occupa d’elle également.

Deux semaines après leurs noces, selon Barakah - qu’Allah l’agrée - le père d’Abdullah vint chez eux et ordonna à son fils de se joindre à une caravane marchande en partance pour la Syrie. Amina en fut profondément attristée et s’écria :
" Que c’est étrange ! Que c’est étrange ! Comment mon mari peut-il partir pour un voyage marchand pour la Syrie alors que je suis encore une jeune mariée et que mes mains portent encore les traces de henné ? "

Le départ d’Abdullah fut déchirant. L’angoisse d’Amina fut si forte qu’elle s’évanouit. Barakah- qu’Allah l’agrée - raconte : " Lorsque je vis qu’Amina était inconsciente, je me mis à hurler de tristesse et de douleur : " O maîtresse ! " Amina ouvrit les yeux et me regarda ; les larmes coulaient abondamment sur son visage. Tout en réprimant un soupir, elle me dit : " Aide-moi à me coucher, Barakah. "

" Amina resta longtemps clouée au lit . Elle ne parla à personne. Elle ne regarda aucun de ceux qui lui rendirent visite, excepté `Abd Al-Muttalib, ce noble et brave vieil homme. " Deux mois après le départ d’Abdullah, Amina m’appela à l’aube un matin et me dit, son visage rayonnant de bonheur :

" O Barakah ! J’ai vu quelque chose d’étrange en rêve. "
" Quelque chose de bon, maîtresse " lui dis-je
" J’ai vu des lumières venant de mon ventre éclairant les montagnes, les collines et les vallées autour de la Mecque. "
" Etes-vous enceinte, maîtresse ? "
" Oui Barakah, " répondit-elle " Mais je ne ressens aucune des gênes que ressentent les autres femmes. "
" Vous allez donner naissance à un enfant béni qui apportera le bien ", lui dis-je.

Aussi longtemps que `Abdullah demeura absent, Amina fut triste et mélancolique. Barakah - qu’Allah l’agrée - resta à ses côtés et essaya de la réconforter et de l’égayer en lui parlant et en lui racontant toutes sortes d’histoires.

Cependant, Amina fut encore plus chagrinée lorsque `Abd Al-Muttalib vint lui dire qu’elle devait quitter sa maison et aller dans les montagnes comme l’avaient fait tous les mecquois et ceci, dans la crainte d’une attaque imminente du roi du Yémen, un dénommé Abraha. Amina lui répondit qu’elle était bien trop affligée et faible pour partir pour les montagnes. Elle insista sur le fait qu’Abraha ne pourrait jamais entrer à la Mecque et détruire la Ka`bah car celle-ci était protégée par le Seigneur - Exalté soit-Il. Abd Al-Muttalib devint très agité alors qu’il n’y avait, sur le visage d’Amina, pas le moindre signe de crainte. Sa certitude que la Ka`bah ne serait pas touchée était fondée. L’armée d’Abraha conduite par un éléphant en avant-garde fut détruite avant qu’elle puisse entrer à la Mecque.

Jour et nuit, Barakah - qu’Allah l’agrée - veilla sur sa maîtresse. Elle raconte : " Je dormais au pied de son lit et j’entendais ses gémissements la nuit lorsqu’elle appelait son mari absent. Ses souirs me réveillaient et je tentais de la réconforter et de lui donner du courage. "

La première partie de la caravane qui se rendit en Syrie rentra et fut joyeusement accueillie par les les familles des commerçants de la Mecque. Barakah - qu’Allah l’agrée - se rendit secrètement à la demeure d’Abd Al-Muttalib pour avoir des nouvelles d’Abdullah mais il ne put lui en donner aucune. Elle retourna auprès d’Amina sans rien lui dire de ce qu’elle vit ou de ce qu’elle entendit de peur de l’attrister davantage. Finalement, la caravane toute entière rentra mais toujours aucune nouvelle d’Abdullah.

Plus tard, Barakah - qu’Allah l’agrée - se trouva chez `Abd Al-Muttalib lorsque la nouvelle du décès d’Abdullah vint de Yathrib. Elle raconte : "Quand j’entendis la nouvelle, je me mis à hurler. Je ne sais pas ce que je fis après cela à part courir chez Amina et me lamenter sur le sort de l’absent qui ne rentrerait plus jamais, me lamenter sur le bien-aimé que nous attendîmes si longtemps, sur le plus beau jeune homme de la Mecque, sur Abdullah, la fierté des Quraysh. "

" Quand Amina entendit la douloureuse nouvelle, elle s’évanouit et je demeurai à son chevet tandis qu’elle oscilla entre la vie et la mort. Il n’y avait personne d’autre que moi dans la maison d’Amina. Je la soignais et veillais sur elle de jour comme de nuit jusqu’à qu’elle donne naissance à son enfant, " Muhammad ", - que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui - , une nuit où les cieux resplendirent de la Lumière de Dieu. "

Lorsque Muhammad - que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui - naquit, Barakah- que Dieu l’agrée - fut la première à le tenir dans ses bras. Son grand-père vint et l’emmena à la Ka`bah. La Mecque toute entière célébra sa naissance.

Barakah - qu’Allah l’agrée - demeura auprès d’Amina tandis que Muhammad - sur lui la grâce et la paix - fut envoyé à la campagne, sous l’atmosphère vivifiante du désert, confié aux bons soins de la dame Halimah. Au bout de cinq ans révolus, il fut ramené à la Mecque et sa mère le reçut avec tendresse et amour. Barakah - qu’Allah l’agrée - l’accueillit avec une grande joie, une impatience comblée et beaucoup d’admiration.

Lorsque Muhammad - sur lui la grâce et la paix - eut atteint 6 ans, sa mère décida de se rendre sur la tombe de son mari, Abdullah, à Yathrib. A la fois Barakah - qu’Allah l’agrée - et Abd-al-Muttalib tentèrent de l’en dissuader. Toutefois Amina était déterminée. Un matin, ils se mirent en route - Amina, Baraka h- qu’Allah l’agrée - et Muhammad - sur lui la grâce et la paix - , tous trois installés sur un palanquin monté sur un grand chameau faisant partie d’une imposante caravane en partance pour la Syrie. Afin de protéger le tendre enfant de toute tristesse et de toute inquiétude, Amina dissimula à Muhammad - sur lui la grâce et la paix - le fait qu’ils faisaient ce voyage pour voir la tombe de son père Abdullah.

La caravane se déplaça à vive allure. Barakah - qu’Allah l’agrée - tenta de consoler Amina dans l’intérêt de son fils. La plupart du temps durant le voyage, l’enfant dormait avec ses bras autour du cou de Barakah.

La caravane mit dix jours à atteindre Yathrib. Le jeune Muhammad - sur lui la grâce et la paix - fut confié à ses oncles maternels du clan des Banu Najjar le temps qu’Amina puisse se rendre sur la tombe d’Abdullah. Chaque jour durant quelques semaines, elle se recueillit ainsi sur la tombe de son défunt mari. Elle était inconsolable, consumée de tristesse.

Sur le chemin de retour vers la Mecque, Amina tomba sérieusement malade. A mi-chemin entre Yathrib et la Mecque, à un endroit appelé Al-Abwa, ils s’arrêtèrent. La santé d’Amina se détériora rapidement. Une nuit très sombre, une très forte fièvre la gagna. Elle appela Barakah d’une voix étouffée.

Barakah - qu’Allah l’agrée - raconte : " Elle murmura à mon oreille : ’ Ô Barakah, je vais bientôt quitter ce monde. Je te confie mon fils Muhammad. Il a perdu son père alors qu’il était encore dans mon ventre. Le voici qui perd sa mère sous ses propres yeux. Sois une mère pour lui, Barakah, et ne le quitte jamais. ’

" Mon cœur se brisa à ces mots et je ne pus contenir mes sanglots et mes gémissements. L’enfant fut affligé par mes cris et se mit à pleurer. Il se jeta dans les bras de sa mère et se cramponna à son cou. Elle rendit son dernier soupir puis fut silencieuse à jamais. "

Barakah- qu’Allah l’agrée - pleura. Elle pleura amèrement. Elle creusa de ses propres mains une tombe dans le sable. Elle y enterra Amina et la mouilla de toutes les larmes que son cœur pouvait encore contenir.

Barakah retourna à la Mecque avec l’enfant désormais orphelin et le plaça sous la protection de son grand-père. Elle demeura à ses côtés dans cette demeure afin de s’occuper de lui. Lorsque `Abd Al-Muttalib mourut deux ans plus tard, elle se rendit avec l’enfant à la maison de son oncle Abû Tâlib et continua à veiller au moindre de ses besoins jusqu’à qu’il atteigne l’âge adulte et qu’il épouse la dame Khadîjah - qu’Allah l’agrée.

Barakah demeura ensuite avec Muhammad - sur lui la grâce et la paix - et Khadîjah - qu’Allah l’agrée - dans une maison appartenant à Khadîjah. " Je ne l’ai jamais quitté et il ne m’a jamais quittée, " a-t-elle dit.

Un jour, Muhammad - que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui - l’appela ainsi : " Ya Ummah ! " (il l’appelait toujours ’Mère’). " Je suis maintenant un homme marié et tu es toujours célibataire. Que dirais-tu d’une personne qui viendrait te demander en mariage ? " Barakah regarda Muhammad et lui dit : " Je ne te quitterai jamais. Est-ce qu’une mère abandonne son enfant ? " Muhammad sourit et embrassa sa tête. Il regarda sa femme Khadija et lui dit : " C’est Barakah. C’est ma mère après ma véritable mère. Elle est tout ce qui reste de ma famille. "

Barakah regarda la dame Khadija qui lui dit : "Barakah, tu as sacrifié ta jeunesse pour le bonheur de Muhammad. Maintenant il veut rembourser une partie de la dette qu’il a envers toi. Pour moi et pour lui, accepte de te marier avant que tu ne sois trop âgée. "

" Qui dois-je épouser, ma Dame ? " demanda Barakah.
" Ubayd ibn Zayd de la tribu de Khadraj de Yathrib. Il est venu pour demander ta main. Je t’en prie, ne refuse pas. "

Barakah - qu’Allah l’agrée - accepta. Elle épousa Ubayd ibn Zayd et alla avec lui à Yathrib. Là elle donna naissance à un fils qu’elle appela Ayman et depuis lors les gens l’appelèrent " Umm Ayman " (la mère de Ayman).

Son mariage toutefois ne dura pas très longtemps. Son mari mourut et elle retourna à nouveau à la Mecque pour vivre avec son ’fils’ Muhammad dans la maison de la dame Khadija. A cette époque vivaient sous ce même toit Ali Ibn Abî Tâlib, Hind (la fille de Khadija de son premier mariage), et Zayd ibn Harithah - qu’Allah les agrée.

Zayd - qu’Allah l’agrée - était un arabe de la tribu de Kalb qui fut capturé étant enfant et amené à la Mecque pour être vendu au marché d’esclaves. Il fut acheté par le neveu de Khadîjah et mis au service de celle-ci. Dans le foyer de Khadîjah, le jeune homme s’attacha à Muhammad - sur lui la grâce et la paix - et se mit à son service. Leur relation était semblable à une relation père fils. A tel point que lorsque le père de Zayd vint à la Mecque à sa recherche, Zayd eut le choix donné par Muhammad - sur lui la grâce et la paix - entre suivre son père ou rester avec lui. La réponse de Zayd à son père fut la suivante :

" Je ne quitterai jamais cet homme. Il m’a traité avec noblesse, comme un père traiterait son fils. Pas un seul jour, je me suis senti esclave. Il s’est bien occupé de moi. Il est gentil et aimable avec moi. Il fait tout ce qui est en son pouvoir pour me rendre heureux. Il est le plus noble des hommes et la meilleure des créatures. Comment pourrais-je le quitter et partir avec toi ? ... Je ne le quitterai jamais. "

Plus tard, en public, Muhammad - sur lui la grâce et la paix - proclama la liberté de Zayd - qu’Allah l’agrée. Toutefois , Zayd continua de vivre avec lui comme un membre de son foyer et resta à son service.

Quand Muhammad - sur lui la grâce et la paix - fut béni par la mission Propétique, Barakah et Zayd - qu’Allah les agrée - furent parmi les premiers à croire au message qu’il proclamait. Ils subirent avec les premiers musulmans la persécution que leur infligèrent les Quraysh.

Barakah et Zayd rendirent de précieux services à la mission du Prophète. Ils agirent à la manière d’un service secret s’exposant à la punition et à la persécution des Qurayshites, risquant leurs vies pour obtenir des informations sur les plans et les conspirations des mécréants.

Une nuit, les mécréants bloquèrent les routes conduisant à la maison d’Al-Arqam où le Prophète - sur lui la grâce et la paix - rassemblait ses Compagnons régulièrement pour leur apprendre les enseignements de l’Islam. Barakah fut chargée de transmettre au Prophète une information urgente de la part de Khadija. Elle risqua sa vie en essayant d’atteindre la maison d’Al-Arqam. Lorsqu’elle arriva et transmit le message au prophète, il sourit et lui dit : " Tu es bénie, Umm Ayman. Sûrement tu as une place au Paradis. " Une fois Umm Ayman partie, le Prophète regarda ses Compagnons et demanda : " Si quelqu’un parmi vous désire épouser une femme des gens du paradis, qu’il épouse Umm Ayman. "

Tous les Compagnons demeurèrent silencieux et ne dirent mot. Umm Ayman n’était ni belle ni attirante. Elle avait à l’époque environ cinquante ans et paraissait plutôt fragile. Zayd ibn al-Harithah - qu’Allah l’agrée - s’avança cependant et dit : " Messager de Dieu, je me marierai avec Umm Ayman. Par Dieu, elle est mieux qu’une femme gracieuse et belle. "

Zayd et Umm Ayman se marièrent et furent bénis par la naissance d’un fils qu’ils nommèrent Usâma. Le Prophète - que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui - aimait Usâma comme son propre fils. Il jouait souvent avec lui, l’embrassait et le nourrissait lui-même. Les musulmans disaient : " Il est le fils bien-aimé du bien-aimé". Dès le plus jeune âge, Usâma - qu’Allah l’agrée - se distingua au service de l’Islam et plus tard le Prophète lui confia de lourdes responsabilités.

Lorsque le Prophète émigra vers Yathrib, qui serait connue plus tard sous le nom de Médine, il laissa Umm Ayman à La Mecque pour s’occuper de certaines de ses affaires en son foyer. Finalement, elle émigra vers Médine par ses propres moyens. Elle fit le long et pénible voyage à travers le désert et le terrain montagneux à pied. La chaleur était accablante et les tempêtes de sable lui cachaient la route mais elle persista, portée par son amour profond et son attachement pour le Prophète - que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui. Lorsqu’elle arriva à Médine, ses pieds étaient endoloris et enflés et son visage était couvert de sable et de poussière.

" Ya Umm Ayman ! Ya Ummi ! ( O Umm Ayman ! O ma mère ! ) Il y a pour toi une place au Paradis ! " s’exclama le Prophète lorsqu’il la vit. Il essuya son visage et ses yeux, lui massa les pieds et lui frictionna les épaules de ses douces mains.

A Médine, Umm Ayman - qu’Allah l’agrée - joua un rôle prépondérant dans les affaires des musulmans. A Uhud, elle distribua de l’eau aux assoiffés et s’occupa des blessés. Elle accompagna le Prophète - sur lui la grâce et la paix - à certaines expéditions, à Khaybar et Hunayn par exemple.

Son fils Ayman - qu’Allah l’agrée - un Compagnon dévoué du Prophète tomba martyr à Hunayn dans la huitième année après l’hégire. Le mari de Barakah, Zayd, fut tué à la batailla de Mu’tah en Syrie après une vie de bons et loyaux services rendus au Prophète et à l’Islam. Barakah à cette époque avait environ soixante-dix ans et demeurait la plupart du temps chez elle. Le Prophète - sur lui la grâce et la paix - accompagné d’Abû Bakr et `Umar - qu’Allah les agrée - lui rendait souvent visite et lui demandait : " Yâ Ummi ! (Ô Mère !) Vas-tu bien ? " et elle lui répondait : " Je vais bien, Ô Messager de Dieu aussi longtemps que l’Islam se porte bien. "


Après que le Prophète - que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui - mourut, on vit souvent Barakah - qu’Allah l’agrée - les yeux en larmes. On lui demanda un jour : "Pourquoi pleures-tu ?". Elle répondit : "Par Dieu, je savais que le Messager de Dieu mourrait un jour mais je pleure maintenant parce qu’il a été mis un terme à la Révélation. "

Barakah - qu’Allah l’agrée - était unique dans le sens où elle fut la seule à être aussi proche du Prophète tout au long de sa vie, de sa naissance à sa mort. Sa vie fut entièrement consacrée au service du foyer du Prophète. Elle demeura profondément attachée à la personne du noble, gentil et attentionné Prophète - sur lui la grâce et la paix. Par dessus tout, sa dévotion à l’Islam fut forte et inébranlable.

Elle mourut durant le Califat de `Uthman, qu’Allah l’agrée. Ses racines étaient inconnues mais sa place au Paradis, elle, est assurée.

 

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23 novembre 2005 3 23 /11 /novembre /2005 16:23
Son nom et sa généalogie

C'est Wahchi Ibn Harb

Le meutre de Hamza lors de la bataille de Ouhoud pour sortir de l'esclavage (3 H)

A la demande de Ja'far Ibn 'Amr Ibn Umayyah Ad-Damrî et 'Ubaydullâh Ibn 'Udayy Ibn Al-Khayyâr, Al-Wahshî répondit à leur interrogation disant : "Je vais vous dire ce que j'ai dit au Prophète . J'étais l'esclave de Jubayr Ibn Mut'am quand Quraysh a déclaré la bataille de Ouhoud. Jubayr me dit : "Si tu tues Hamza, l'oncle de Mouhammad, pour venger mon oncle, tu seras un homme libre !"
De par mes origines éthiopiennes, je maniais la lance à la perfection. Alors je suis parti avec l'armée. Quand les deux camps se sont rencontrés, je me suis mis à la recherche de Hamza. J'ai fini par le voir au milieu des combattants abattant ses ennemis à tour de bras, rien ne lui résistait. Je l'ai donc guetté me cachant derrière les arbres et les rochers jusqu'à ce qu'il se soit rapproché de moi. A ce moment, Sibâ' Ibn 'Abdel 'Uzzâ se précipita sur Hamza.
Le voyant venir, Hamza lui dit : "Viens à moi, fils de l'exciseuse !" et lui porta un coup qui n'a pas raté sa tête. J'ai alors balancé ma lance jusqu'à ce que j'en sois satisfait puis je l'ai envoyée, elle transperça son abdomen. Il s'est retourné vers moi voulant m'atteindre mais il s'est écroulé. J'ai attendu qu'il soit bien mort puis j'ai récupéré ma lance. Une fois mon objectif réalisé, je suis retourné m'asseoir au camp car tout ce que je voulais était mon affranchissement. A mon retour à la Mecque, je suis devenu libre et j'y ai vécu jusqu'à la prise de la Mecque. (Ibn Hichâm)

Sa fuite à Taïf puis sa conversion

Ensuite, je me suis réfugié à At-Tâif. Quand la délégation d'At-Tâif s'est rendue auprès du Prophète pour déclarer leur adhésion à l'Islam, je ne savais plus où aller. Je me suis dit que je pourrais peut-être partir en Syrie ou au Yemen ou dans toute autre contrée. Je vivais un vrai enfer quand un homme m'a dit : "Mais, idiot, il n'a jamais tué une personne ayant adopté sa religion et professé la même foi que lui".
Sur cette parole, je suis parti à Médine et me suis présenté au Prophète annonçant ma profession de foi.
Quand le Prophète m'a vu, il m'a demandé : "Es-tu Wahchî ?"
J'ai répondu que oui. Il m'a demandé de m'asseoir et de lui raconter comment Hamza avait été tué. Je lui ai raconté ce que je viens de vous raconter.
Quand j'ai fini, il m'a dit : "Vas, et que je ne te vois plus !"
Ce que je me suis empressé de faire jusqu'au décès du Prophète. (Ibn Hichâm)

Ibn 'Abbâs, qu'Allâh les agrée, rapporte : le Messager d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) convoqua Wahchi Ibn Harb qui avait tué Hamza (رضي الله عنه) pour l'inviter à l'Islam. Wahchi envoya lui dire : "ش Mouhammad! Comment m'invites-tu alors que tu prétends que celui qui a tué, associé ou commis l'adultère trouvera un châtiment; la souffrance lui sera doublée le jour de la résurrection et il y sera éternel et humilié? Et moi, j'ai commis tout cela. Me trouves-tu une exception?" Allâh révéla alors : {Sauf celui qui se repent, croit et accomplit une bonne oeuvre; ceux-là Allâh changera leurs mauvaises actions en bonnes, et Allâh est pardonneur et miséricordieux} (25/70).
Wahchi fit la remarque : "ش Mouhammad! C'est une condition très dure : {Sauf celui qui se repent, croit et accomplit une bonne action}. Il se peut que je ne puisse faire cela".
Allâh descendit alors : {Certes, Allâh ne pardonne pas qu'on lui donne quelqu'associé. ہ part cela, il pardonne à qui il veut} (4/48).
Wahchi objecta encore : "ش Mouhammad! D'après ce que je vois, ceci dépend de la volonté d'Allah, et je ne sais pas s'il me pardonnera ou non. Y a-t-il autre chose?"
Allâh révéla enfin : {ش mes serviteurs qui avez commis des excès à votre propre détriment, ne désespérez pas de la miséricorde d'Allah, car Allâh pardonne tous les péchés. Oui, c'est lui le pardonneur, le très miséricordieux} (39/53).
Wahchi déclara : "Là, d'accord", et il embrassa l'Islam. Des musulmans demandèrent : "ش Messager d'Allah! Nous avons commis les mêmes choses que Wahchi?".
Il répondit : "Ce verset est pour tous les musulmans".

Le combat contre Mousaylama le faux prophète

Il dit : "Quand les musulmans ont livré la guerre à Mousaylama le menteur, j'ai saisi la lance avec laquelle j'ai tué Hamza. Quand les deux camps se sont rencontrés, j'ai vu Mousaylama une épée au poing alors j'ai balancé ma lance puis l'ai envoyée le transperçant. D'un autre côté, un homme des Ansârs l'a frappé de son épée et je me demande qui de nous deux a bien pu le tuer. Une chose est sûre néanmoins : de ma lance, j'ai tué le meilleur homme qui soit hormis le Prophète et j'ai aussi tué le pire homme qui soit". (Ibn Hichâm)

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9 novembre 2005 3 09 /11 /novembre /2005 00:00
Son nom et sa généalogie

Son nom est Sa'd Ibn Malik Az-ZouHri.

    Son grand-père

    Son grand père, Ohayb Ibn Manaf, est l'oncle paternel d'Amina la mère du Messager (صلى الله عليه و سلم).

    Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit de lui: "C'est mon oncle (maternel)! Que quelqu'un me présente son oncle".

Sa conversion qui fût de lui le troisième musulman à accepter le dernier message divin

Il avait embrassé l'Islam à l'âge de 17 ans. Sa conversion était précoce. En parlant de lui même, il disait: "Un jour était venu, où je représentais le tiers des musulmans !" Il voulait dire qu'il était parmi les 3 premiers qui se convertirent à l'Islam.

Les persecutions qu'il subit pour la cause d'Allâh

Pour contraindre Sa'd à l'idolâtrie de ses parents et de ses proches, sa mère avait déclaré qu'elle s'abstiendrait de prendre nourriture et boisson jusqu'à ce que Sa'd retourne à la religion de ses pères et de son peuple. En s'évertuant ainsi, elle a failli trouver la mort.
Sa'd ne soucia guère de cela et ne vendit jamais sa foi même si il devait payer pour cela la vie de sa mère.
Sur son lit de mort ses parents l'obligèrent à venir jeter un coup d'oeil d'Adieu sur sa mère agonisante, espérant attendrir son coeur en la voyant de la sorte. Sa'd est allé la voir, il vit un spectacle qui peut faire fondre le rocher.
Mais sa foi en Allâh et en Son Messager surpassait n'importe quel genre de rocher ou d'acier, il s'approcha du visage de sa mère et cria afin qu'elle l'entende: "Par Allâh tu sais ma mère. Si tu possédais cent âmes et ces âmes mouraient l'une après l'autre je ne laisserais ma religion pour n'importe quel prix. Mange si tu veux ou ne mange pas».
Sa mère se plia devant sa résolution et la révélation fut descendue au sujet de Sa'd pour fortifier son attitude:
{Et si tous deux te forcent à M'associer ce dont tu n'as aucune connaissance, alors ne leur obéis pas; mais reste avec eux ici-bas de façon convenable. Et suis le sentier de celui qui se tourne vers Moi. Vers Moi, ensute, est votre retour, et alors, Je vous informerai de ce que vous faisiez.} (31/15)

La bataille d'Ouhoud

'Ali Ibn Abi Talib (رضي الله عنه) a dit: "Je n'ai jamais entendu le Messager donner en rançon ses père et mère à quiconque sauf à Sa'd, je l'ai entendu dire le jour de Ouhôud: "Tire Sa'd, que je te donne rançon père et mère"".

'Omar (رضي الله عنه) le choisis pour commander l'armée musulmane contre les perses

Le Prince des Croyants réfléchit et demanda à ses compagnons: "A qui pensez-vous, pour l'envoyer en Irak" ?
Ils se turent pour réfléchir.
Abdel Rahman Ibn 'Awf s'écria:"Je l'ai trouvé !"
'Omar dit: "Qui-est-ce"?
Abdel Rahman dit: "Le lion qui cache ses griffes. Sa'd Ibn Malek Az-ZouHri".
Les musulmans agréerent ce choix, le Prince des Croyants envoya une lettre à Sa'd Ibn Abi Waqas pour lui confier le commandement de l'armée et de l'Irak.

Il fut également commandant lors de la fameuse bataille dans la Qadisiya

Voilà la lettre de 'Omar lui ordonnant d'aller à Al Qadisiya, c'est la porte de la Perse, en rejetant dans son coeur des mots pleins de lumière et de guidée.
"ش Sa'd Ibn Wouhaib. Ne te trompe pas si on te dit que tu es l'oncle du Messager et son compagnon, car nul ne se rapproche d'Allâh que par son obéissance. Les gens aisé et les faible sont semblable pour Allah. Allâh est leur Seigneur et ils sont ses adorateurs. Le meilleur c'est celui qui Le craint le plus, et celui qui fait le plus d'effort dans l'obéissance. Observe la manière dont le Messager s'est comporté depuis qu'il nous fut envoyé jusqu'à son départ, exécute ceci car c'est l'ordre".
Puis il lui dit: "Ecris-moi pour me faire part de votre état. Où vous campez? Et où se trouve votre ennemi vis-à-vis de vous. Que je sois par tes lettres comme si je vous regarde !"

Sa'd écrivait au Prince des Croyants comme s'il lui décrivait tous les détails jusqu'au point de lui déterminer la position de chaque soldat...
Sa'd arriva à Al Qadissiya, les Persans rassemblent armée et peuple à la fois, un rassemblement jamais vu auparavant, à leur tête se trouvait le chef le pus redouté et le plus renommé: Roustom.
Sa'd écrivit à Omar, et celui-ci lui répondit: "Ne t'angoisse pas par ce que tu entends comme nouvelle d'eux, confie-toi à Allâh et compte sur Lui. Envoie - à Roustom - des hommes intelligents et patients afin qu'ils l'appelle a embrasser la religion d'Allah. Ecris-moi chaque jour".
Sa'd écrivit au Prince des Croyants en disant: "Roustom a campé à SABAT et il envoie les chevaux et les éléphants pour nous attaquer".

Omar lui répondit pour l'assurer et annoncer la bonne nouvelle. Sa'd, le chevalier intelligent et téméraire, l'oncle du Messager et le premier à se convertir à l'Islam, le champion des guerres et des expéditions, son épée ne faibli jamais ni sa lance.. Il conduit son armée à l'une des plus grandes batailles de l'histoire, et lui, il ne se considère que comme un simple soldat. Ni l'orgueil de sa force, ni la vanité du commandant en chef ne le portèrent à être épris par sa confiance en lui-même. Mais il se fia au Prince des Croyants bien que des milliers de lieux les séparent, en échangeant des lettres et en demandant son conseil avant que la grande bataille ne soit entamée.
Sa'd savait qu
'Omar à Médine ne décidait pas tout seul, mais il prenait le conseil des musulmans, des compagnons du Messager de Allâh . Sa'd refuse malgré les conditions de la guerre de priver son armée et soi même de la bénédiction du conseil et son avantage, surtout si Omar, le grand inspiré, se trouve parmi les magnats.
Sa'd exécuta le conseil d'Omar, il envoya chez (Roustom) le chef des perses quelques uns de ses compagnons pour l'amener à se convertir à l'Islam.
Le dialogue se prolonge entre eux et le chef des perses, puis ils mirent fin à la discussion en disant: "Allâh nous a choisi afin qu'il fasse sortir qui Il veut du polythéismes au monothéisme, de la gêne à l'aisance de ce bas monde, et de l'iniquité des gouverneurs à la justice de l'Islam. Celui qui accepte ceci de notre part nous l'acceptons et nous le laissons mais celui qui nous combat nous le combattons jusqu'à Aboutir à ce que Allâh a décidé".
Roustom demanda: "Qu'est ce qu'Allâh vous a promis ?"
Le compagnon lui répondit: "Le paradis pour nos martyrs, et la victoire pour nos vivants". La délégation retourne chez Sa'd, le chef des musulmans, pour lui annoncer le début de la guerre.
Les yeux de Sa'd se remplirent de larmes. Il voulait que la bataille s'avance ou se retarde car en ce jour là il était très malade, les abcès emplissaient son corps au point qu'il ne pouvait ni s'asseoir, ni monter à cheval pour mener une guerre dure et acharnée !
Si la guerre se déroulait avant sa maladie, ou si elle était un peu retardée il aurait pu faire une grande preuve de sa bravoure. Mais non le Messager leur a appris de ne dire jamais "Si", car "Si" veut dire l'impuissance et l'impuissance ne se trouve pas chez le croyant fort qui ne laisse point échapper un moyen et ne faiblit jamais.
A ce moment-là "Le lion qui cache ses griffes" harangua son armée en commençant par le verset:
{Au nom de Allâh le Miséricordieux, le Très Miséricordieux} {Et Nous avons certes écrit dans le ZAbour (les Psaumes), après l'avoir mentionné (dans le Livre céleste), que la terre sera héritée par Mes bons serviteurs}. (21/105)
Après son discours il fit la prière du midi avec l'armée puis il se tourna vers elle en s'écriant: "Allâh est grand. Allâh est grand. Allâh est grand. Allâh est grand."
L'univers retentit par les voix des soldats: "Allâh est grand", il leur pointa l'ennemi avec son bras en flèche et cria à ses soldats: "Allons-y par la grâce d'Allah".
Il monta en titubant et avec peine au balcon de la maison où il résidait et où était aussi son quartier général. Au balcon il s'assit posant la poitrine sur un coussin, la porte de la maison était ouverte et la moindre attaque des perses pouvait le faire tomber entre leurs mains mort ou vivant. Mais il n'avait aucune peur.
Ses abcès se creusaient et saignaient mais il ne se souciait plus car du balcon il lance les cris: "Allâh est grand", il donnait ses ordres à ceux-là d'avancer vers la droite! à d'autres de combler les lacunes de la gauche. Devant toi Moughaïra. Derrière eux Jarir. Frappe Nou'man. Attaque Al-Châth, et toi aussi Qa'qâ'. Avancez compagnons de Mohammed !
Sa voix emplie de fermeté et d'espoir faisait de chaque soldat une armée entière...
Les soldats Persans tombèrent comme des mouches, et avec eux le polythéisme et l'adoration du feu !
Leurs bataillons vaincus prirent la fuite après la mort de leur chef et leurs élites des soldats, l'armée musulmane les traqua jusqu'à Nahawand, puis Al-Madaine, et pénétrèrent pour s'emparer du palais de Chosroes et sa couronne comme butin !

La bataille d'Al-Madaine

La bataille d'Al-Madaine s'est déroulée deux ans après celle d'Al Qadissiya, à travers ces escarmouches entre les musulmans et les perses jusqu'à ce que le reste de l'armée Persane fusse rassemblé à Al-Madaine pour la bataille finale et décisive.
Sa'd pensant que le temps jouera pour ses ennemis, décida de leur ôter cet avantage. Mais comment le faire alors que le fleuve du Tigre le sépare d'Al-Madaine et que c'est la saison des pluies et la crue du Tigre !
Ici il y a un évènement où Sa'd prouvera qu'il est vraiment le "Lion qui cache ses griffes" comme l'a décrit Abdel Rahman Ibn 'Awf !
La foi de Sa'd et sa détermination braveront le danger et l'impossible avec une témérité incontestable !
Ainsi Sa'd donna l'ordre à son armée de franchir le fleuve du Tige et ordonna de chercher un endroit facilement franchissable pour pouvoir traverser à pieds. A la fin ils trouvèrent une place un peu périlleux.
Avant le passage de l'armée Sa'd pensa à retrouver un endroit sur l'autre rive où l'ennemi campait. Alors il prépara deux bataillons: Le premier appelé: "Le bataillon des terreurs". Sa'd plaça à la tête Assam Ibn Amr , le deuxième "Le bataillon muet" eut pour chef Al Qa'qâ' Ibn Amr.
Les soldats des deux bataillons devaient braver leurs peurs pour assurer un lieu sûr sur l'autre bord afin que l'armée traverse suivant leur chemin. Ils ont fait leur travail d'une habileté extraordinaire.
Le stratagème de Sa'd a réussi ce jour-là d'une façon qui surprendra les historiens... Même Sa'd Ibn Abi Waqas lui-même en fut surpris...
Aussi bien son compagnon dans la bataille, Salman Al Farisi qui se frottait les mains d'émotion en disant: "L'Islam me parait être une nouvelle religion: Par Allah! Les mers ont été soumises aux musulmans comme la terre. Par celui que l'âme de Salman en sa main, les hommes sortiront en masse, comme ils sont entrés en masse".
Et ainsi il fut fait, ils ne perdirent pas un seul soldat, ni même un cheval.
Un combattant fit tomber son gobelet, comme il ne voulait pas être le seul parmi ses camarades qui perde quelque chose, il appela ses compagnons pour l'aider à le repêcher, le gobelet fut élevé par une marée où les passants ont purent le ramasser !
Un conte historique nous décrit la splendeur du spectacle à leur traversé du Tigre, il dit: "Sa'd ordonna aux musulmans de dire: "Allâh nous suffit Il est le meilleur Protecteur". Puis traversa sur son cheval le Tigre et les gens le suivirent. Personne ne resta en arrière. Ils marchèrent comme s'ils traversaient la terre ferme jusqu'à ce qu'ils remplirent les deux côtés, de sorte qu'on ne voyait pas la surface de l'eau. Des chevaliers et des fantassins s'entretenaient sans avoir rien à craindre, à cause du sentiment de tranquillité et de sûreté qu'ils éprouvaient en se confiant à Allâh espérant Sa victoire, Son secours et l'accomplissement de Sa promesse !"

L'époque où il fut gouverneur de Koufa en Irak

Un jour les habitants de Koufa se plaignirent de lui chez le Prince des Croyants en suivant, leur tempérament présumant que Sa'd ne fait pas la prière à la perfection. Alors Sa'd rit à pleine gorge et dit: "Par Allah! Je fais la prière comme le Messager de Allâh la faisait. J'allonge les deux première raka'ts et je raccourcis les deux dernières". Omar le convoqua à Médine, il s'y rendit sans être courroucé.
Après un moment Omar voulait qu'il retourne au Koufa, Sa'd lui répondit en riant: "Tu m'ordonnes à retourner chez un peuple qui prétend que je ne fais la prière à la perfection?" Alors il préféra rester à Médine.

A la mort de 'Omar (رضي الله عنه), il fait parti du cercle de concertation pour choisir le prochain calife

Quand 'Omar le Prince des Croyants (رضي الله عنه) fut poignardé il choisit six hommes parmi les compagnons du Messager afin qu'on choisissent le nouveau Calife, il a dit que son choix devait porter sur l'un des six hommes dont le Messager était satisfait d'eux. Parmi eux il y avait Sa'd Ibn Abi Waqas.
On déduisit des derniers mots d'Omar que s'il avait le choix de nommer un Calife parmi les compagnons du Messager il aurait choisi Sa'd.
Il dit à ses compagnons en les conseillant et leur faisant ses adieux: "Si Sa'd devient calife il est digne, si un autre le devient qu'il demande à Sa'd de le seconder".

Lors du combat entre l'armée de 'Ali et celle de Mou'awiya, il resta neutre

Son neveu Hicham Ibn Atba Ibn Abou Waqas lui dit: "ش mon oncle, voilà cent mille épées qui te considèrent comme le plus digne pour ce poste".
Sa'd lui répondit: "Je veux des cent mille épées une seule qui si elle touche le croyant il reste indemne, si elle touche l'athée elle le tue".
Le neveu, devinant le but de son oncle, le laissa à sa retraite et sa paix.

Et lorsque Mouâwiya, fut désigné calife il demanda à Sa'd: "Pourquoi tu n'as pas combattu à nos côtés?" Il lui a répondit: "J'ai passé par un vent ténébreux, j'ai dit: "Aïe! Aïe" J'ai fait agenouiller monture jusqu'à ce que tout fût dissipé..".
Mouâwiya lui dit: "Il n'y a pas dans le livre d'Allah: "Aïe! Aïe!" Mais Allâh (تعالى) dit:
{Si deux groupes de croyants se combattent, rétablissez la paix entre eux. Si l'un des deux se rebelle encore contre l'autre, luttez contre celui qui se rebelle jusqu'à ce qu'il s'incline devant l'Ordre de Allah} (XLI/9). Et toi tu n'étais ni avec l'un ni avec l'autre".
Sa'd lui répondit: "Je n'avais pas le droit de combattre un homme - il veut dire Ali Ibn Abi Taleb - dont le Messager lui a dit: "Tu es pour moi comme était Aaron par rapport à Moïse mais il n'y aura plus de prophète après moi"".

Sa mort (54 H)

Un jour de l'année cinquante-quatre de l'hégire, Sa'd avait dépassé ses quatre-vingt ans, il était à sa maison au 'Aqîq s'apprêtant à la rencontre d'Allah. Son fils nous raconte ses dernières minutes et dit: "La tête de mon père était dans mon giron pendant son agonie, il me dit: "Qu'est-ce qui te fait pleurer ش fils? Allâh ne me châtiera pas car je suis l'un des élus du paradis !". Sa foi ferme n'avait pas été affaiblie par les affres de la mort.
Le Messager le lui avait annoncé cela et lui, il croyait à la véridicité des propos du Messager pourquoi donc avoir peur?

Mais il voulait rencontrer Allâh en portant les plus beaux souvenirs qui le lient à sa foi et au Messager. Il pointa son armoire, ils l'ouvrirent et en sortirent un ancien vêtement râpé, il ordonna à sa famille de l'utiliser comme son linceul en disant: "J'ai combattu les polythéistes en le portant le jour de Badr et je l'ai gardé pour ce jour".

Ses mérites

    L'annonce qu'il est des gens du Paradis

    Alors que le Messager (صلى الله عليه و سلم) était assis parmi ses compagnons, il regarda vers l'horizon comme quelqu'un qui entendait une chose en secret, puis regarda les visages de ses compagnons et leur dit: "Maintenant vous allez recevoir un des élus du paradis".
    Les compagnons regardaient de tous les côtés et se dressaient pour voir cet élu.
    Après un court moment ils virent apparaître Sa'd Ibn Abi Waqqas.
    Plus tard Abdallah Ibn 'Amr s'approcha de lui et il lui demandant avec insistance de lui montrer l'œuvre et l'adoration qui le fera rapprocher d'Allah, pour le rendre digne de la récompense et de la bonne nouvelle, Sa'd lui dit: "Rien de plus de ce que nous œuvrons et nous adorons. Mais je ne garde ni rancune ni mal pour un musulman".

    L'invocation du Messager (صلى الله عليه و سلم) en sa faveur

    Alors le Messager d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) l'avait vu faire quelque chose qui lui plut beaucoup. Il invoqua pour lui Allâh en ces mots: "Grand Allah! Dirige son tir et exauce ses invocations".

    Ses invocations exaucées

    Amir Ibn Sa'd: "Sa'd a entendu un homme insulter à haute voix, Ali, Talha, et Az-Zoubaïr il l'interdit de le faire, mais l'homme ne l'écouta pas.
    Sa'd lui dit: "J'invoque alors Allâh contre toi».
    Et l'homme de répliquer: "Me menaces-tu en te croyant un Prophète?».
    Sa'd le quitta pour faire ses ablutions et deux raka'ts, puis leva les mains et dit: "Allâh si tu savais que cet homme a insulté ceux qui ont reçu de Toi les marques de faveur, et Tu t'es courroucé contre lui, fais de lui un exemple pour les autres".
    A peine un court laps de temps fut écoulé, quand une chamelle enragée sortit d'une étable et pénétra parmi la foule, comme si elle cherchait quelqu'un, puis elle foula l'homme de ses pattes jusqu'à la mort".

    Le premier tireur de flèche de l'Islam

    Il (رضي الله عنه) dit: "Par Allâh je suis le premier homme parmi les arabes qui lança une flèche dans la voie d'Allah". (Al-Boukhâri, Mouslim)

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26 septembre 2005 1 26 /09 /septembre /2005 00:00
Son nom

Az-Zoubayr Ibn Al-'Awwâm

Il est chargé d'intercepter une lettre lors de la conquète de la Mecque (8 H)

Hateb ben Abi Baltaâ voyant tout ce qui se passait, écrivit une missive pour les Chefs Qoraichites afin de les prévenir de l'attaque des Musulmans.
Ali (رضي الله عنه) raconte: "Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) nous convoqua Al Miqdad, Az Zoubayr et moi et nous dit: "Allez à Radwat Khakh où vous rencontrerez une femme portant une lettre, prenez lui cette lettre !"".
Nous partimes au galop et à l'endroit désigné, nous rencontrâmes une femme et nous lui demandâmes de nous remettre la lettre qu'elle portait. Elle nous répliqua qu'elle ne portait point de lettre. Nous la menaçames de la fouiller si elle ne nous montrait pas la lettre. Elle la sortit de ses cheveux, où elle la tenait cachée. Nous retournâmes à Médine et nous remîmes la lettre au Messager d'Allâh (صلى الله عليه و سلم). Le prophète (صلى الله عليه و سلم) lut la lettre qui contenait des informations sur les plans de l'expédition. Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) fit venir Hateb et lui dit "Qu'as tu fait ?".
Hateb répondit: "Je n'ai fait cela non dans le but de te trahir ou de renier l'Islam mais uniquement pour que ma famille restée à la Mecque obtiennent une protection de la part des Qouraychites".

Abou Bakr s'excuse d'avoir accepté le califat et 'Ali et Zoubayr affirment qu'il en est le plus digne (11 H)

Sa'd Ibn Ibrahim Ibn 'Abdarrahmân Ibn 'Awf (رضي الله عنه) rapporte: 'Abdarrahmân Ibn 'Awf était avec 'Omar Ibn Alkhattab (رضي الله عنه) quand Mouhammad Ibn Maslèma cassa le sabre de Zoubayr Ibn Al-'Awwâm, qu'Allâh l'agrée. Puis Abou Bakr As-Siddiq (رضي الله عنه) se leva, sermonna les musulmans et s'excusa auprès d'eux en disant: "Par Allah! Jamais je n'ai voulu être émir, même pas un seul jour ou une seule nuit. Je ne l'ai jamais désiré et je ne l'ai jamais demandé à Allah, publiquement ni secrètement, mais j'ai craint la zizanie. تtre émir n'est pas pour moi un soulagement, mais on m'a fait porter une responsabilité immense. Je n'ai pas la capacité ni les moyens de l'assumer sauf si Allâh puissant et glorieux me fortifie. J'aurais voulu que la personne la plus capable de l'assumer soit à ma place en ce jour". Les mouhajirins acceptèrent ses paroles et ses excuses. 'Ali et Zoubayr, qu'Allâh les agrée, déclarèrent: "Nous avons été fâchés uniquement parce que nous n'avons pas assisté à la concertation, mais nous savons qu'Abou Bakr est la personne qui le mérite le plus après le Messager d'Allah, prière et paix sur lui. C'est lui le compagnon dans la grotte et le {Deuxième de deux} (9/40), nous connaissons bien ses vertus et son âge. De plus, de son vivant, le Messager d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) lui a ordonné de diriger la prière".

Sa mort lors de la bataille du chameau (36 H.)

    De la Mecque vers Bassora

    Dans la ville de La Mecque, où ils se sont rendus, Talha et Az-Zoubayr vont rencontrer Aïcha, qui y était allée pour le pèlerinage. Ils ne comprennent pas les intentions de Alî et - en toute bonne foi - croient que c'est parce que les insurgés le soutiennent qu'il refuse de leur appliquer le talion. A la tête de tout un groupe, ils partent donc de La Mecque pour l'Irak - pour la ville de Bassora précisément -, pensant y appeler les gens à soutenir leur demande de l'application du talion. (Fath Al-Bâri 12/354, 13/71).

    Il recommande le bon partage de son héritage

    'Abdullâh Ibn Az-Zoubayr (رضي الله عنهما) a dit: "Le jour de la bataille du chameau, lorsque Az-Zoubayr se dressa entre les partisans de 'Aïcha et ceux de 'Ali, il m'appela et je me tins debout à son côté. Il me dit: "Mon petit! Voici un jour où ne sera tué qu'un injuste ou la victime d'une injustice, et je voix sûrement que je vais être tué aujourd'hui victime d'une injustice. Parmi mes plus grands soucis est certainement ma dette. Penses-tu que l'acquittement de ma dette vous laissera quelque chose de mes biens?"
    Puis il dit: "Mon petit! Vends nos biens et paie notre dette. Il en légua le tiers et le tiers de ce tiers aux fils de 'Abdullâh Ibn Az-Zoubayr".
    Il dit: "Si, après le règlement de ma dette, il reste quelque chose de nos biens, que le tiers en soit donné à tes enfants".
    Hishâm dit: "Le fils de 'Abdullâh avait vu quelques-uns des fils de Az-Zoubayr, Khoubeyb et 'Abbâd. Il avait alors neuf fils et neuf filles".
    'Abdullâh dit: "Il se mit à me recommander sa dette en disant: "Mon petit! Si tu ne peux payer une partie de ta dette, cherche aide auprès de mon Seigneur".
    Il dit: "Par Allâh, je n'ai pas compris ce qu'il disait et je lui dis: "Père! Qui est donc ton Seigneur?""
    Il dit: "Allâh". (al-Boukhâri)

    Sa rencontre avec 'Ali (رضي الله عنه) et le retour vers Médine

    Arrivés face à face, Alî parle en aparté avec Az-Zoubayr et lui demande: "N'avais-tu pas entendu le Prophète dire, alors que tu pliais ma main: "Tu le combattras alors qu'il sera dans son droit, puis il aura le dessus ?"
    - "J'avais effectivement entendu cela ; je ne te combattrai donc pas" répond Az-Zoubayr. (Fath Al-Bâri 13/70)
    Il qui quitte alors les lieux et prend le chemin de Médine (Fath Al-Bâri 6/276).

    Sa mort pendant son sommeil

    Il a été tué pendant son sommeil par Amr ibn Jurmûz, un homme qui était dans le groupe de 'Alî, qui avait retrouvé Az-Zoubayr et qui croyait bien faire en l'assassinant; quand Amr ibn Jurmûz apporte la nouvelle à 'Alî, celui-ci lui annonce que le Prophète (sur lui la paix) lui avait dit un jour: "Celui qui tuera le fils de Safiyya (Az-Zoubayr), fais-lui l'annonce de la géhenne". (Fath Al-Bâri 6/276, 7/104).

Ses mérites

Abou Hourayra (رضي الله عنه) rapporte: Le messager (صلى الله عليه و سلم) d' Allâh était sur la montagne de Hira, et il y avait avec lui Abou Bakr (رضي الله عنه), Othmân (رضي الله عنه), 'Ali (رضي الله عنه), Talha (رضي الله عنه), Az-Zoubayr (رضي الله عنه), et la montagne remua. Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) dit: "Sois calme, il n'y a sur toi qu'un Prophète, un véridique, et un martyr". (Mouslim)

'Ali a dit que ses oreilles ont entendu ce qui suit sortir de la bouche du Prophète (صلى الله عليه و سلم): "Talha et Az-Zoubayr seront mes voisins au Paradis". (At-Tirmidhi)

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10 août 2005 3 10 /08 /août /2005 00:00
Le Sabre d'Allah: Khalid Ibn Walid


- Extrait du livre « Les 100 plus grands Musulmans »,

Khalid Ibn Walid , le Sabre d'Allah, comme l'appela une fois le Prophète , fut le héros des campagnes successives contre les tribus arabes sécessionnistes. Il joua un rôle clé dans la pacification de l'Arabie.

L'armée musulmane mal équipées et sous entraînée avait combattu sur deux front en même temps au début du règne du second calife. Sur le front de l'Irak, ils avaient affronté les grandes armées de Crosoes, le puissant empereur perse et sur le front syrien ils avaient été déployés contre une formidable force de l'empereur byzantin.

Les musulmans combattirent pendant toute une journée contre les formidables forces romaines en syrie. A la fin la situation fut équilibrée. Les guerriers musulmans se rassemblèrent dans leur campement pour revoir leur progression du jour. A la fin un vaillant soldat se leva et s'adressa à eux d'une voix résolue:

"Mes frères ! Allah est avec nous. Nous combattons pour l'établissement d'un régime basé sur l'égalité, la fraternité et la justice. Demain je veux donner une leçon aux hordes romaines."

"Quoi?" demanda une voix. "Je propose d'affronter les 60 000 robuste guerriers de Jablah, chef des Ghassans, avec seulement 30 musulmans." "Es-tu sérieux, Abu Sulaiman?" demanda le vieux Abu Sufyan. "Oui", répondit Khalid Ibn Walid dont le surnom était Abu Sulaiman.

" Je pense que tu as surestimé ta force. De cette façon tu jouerais avec les vies précieuses des musulmans", répondit Abu Sufyan.

"Non, pas du tout. En réalité, je veux sauver les vies précieuses des musulmans. De cette façon, je veux impressionner l'ennemi qui est fier de la supériorité de sa force et de son équipement militaire ", répondit Khalid Ibn Walid .

A la fin Abu 'Ubaidah le commandant des forces musulmanes intervint et on se mit d'accord sur le fait que Khalid Ibn Walid ) au cœur de lion affronterait les 60.000 soldats féroces et bien équipés de Jablah Ibn Ghassan avec 60 musulmans au lieu de 30. Le lendemain Khalid Ibn Walid avec ses 59 compagnons combattit dans une bataille mémorable sans parallèle dans l'histoire militaire contre les 60.000 chrétiens. La bataille fit rage toute la journée et les 60 musulmans étaient perdus dans une mer d'hommes armés et ils combattirent comme des lions contre les vagues déferlantes des forces ennemies décidées à les écraser sous leur pieds. De temps en temps le cri Allahou-Akbar (Dieu est Grand) s'élevait au dessus du tumulte de la bataille témoignant de leur existence à leur frères combattants qui regardaient la progression de la bataille avec beaucoup d'anxiété.

A la fin, dans un dernier effort Khalid Ibn Walid qui combattait comme un héros, gagna la journée et les chrétiens furent mis en déroute avec de lourdes pertes. Khalid gagna une bataille mémorable sans précédant dans l'histoire de la guerre. La victoire établit la supériorité des musulmans sur les romains en dépit de leur infériorité exceptionnelle en nombre te en équipement.

Abu Sulaiman, aussi connu sous le nom de Khalid Ibn Walid appartenait au plus respectable des clans des Quraish. Son père, Abdush Shams Al-Walid Ibn Al-Mughaira, était considéré comme un des hommes les plus sages des Quraish et il était connu pour son éloquence et sa bravoure dans toute l'Arabie. Khalid qui n'avait guère plus de 17 ans à la naissance de l'islam, manifestait un grand intérêt pour l'art de la guerre, y compris pour les chevaux et le tir, dans lequel il gagna bientôt une grande réputation. Sa charge dans la bataille de Uhud contre les musulmans par derrière fut repoussées après de durs combats. Khalid Ibn Walid embrassa l'Islam en l'an 8 de l'hégire avec 'Amr Ibn Al 'Aas , un autre personnage célèbre des premiers temps de l'islam. Sa première apparition comme soldat de l'Islam fut lors de la bataille de Mut'ah, en 8 de l'hégire, lors de laquelle il montra son exceptionnelle bravoure et ses talents militaires. Les musulmans, avec à peine 300 hommes affrontèrent une armée romaine de 150.000 soldats bien entraînés. Les premiers commandants musulmans furent tués sur le champs de bataille et le commandement des musulmans fut confié à Khalid Ibn Walid , qui combattit comme un lion et brisa 8 épées dans une seule bataille. Prenant une action d'arrière garde, Khalid Ibn Walid montra ses talents militaires et sortit ses hommes de la bataille.

La rupture de l'accord par les Quraish de la Mecque conduisit à l'invasion de la ville sainte lors de laquelle le commandement du flan droit de l'armée musulmane fut confié à Khalid. Les musulmans entrèrent dans la ville sainte sans aucune résistance et le Prophète de l'islam au bon cœur pardonné aux insurgés. "Les gens eux mêmes (c'est-à-dire de la Mecque), cependant, furent traités avec une magnanimité toute spéciale" écrit Phillip K. Hitti, "Il n'y a guère d'entrée triomphale dans les anciennes annales qui soit comparable à celle ci". Les autres campagnes auxquelles Khalid prit une part active durant la vie du Prophète sont les batailles de Hunain, de Najran et la prise de Taif.

La mort du Prophète provoqua la tristesse parmi les musulmans. Avec la disparition de l'autorité centrale, les tribus arabes se révoltèrent contre leur nouvelle foi. Abu Bakr qui fut élu premier calife de l'Islam était inflexible dans insistance d'une reddition inconditionnelle des sécessionnistes ou de la guerre jusqu'à annihilation. Khalid Ibn Walid fut le héros de ces guerres. 'En six mois de commandement il avait réduit à la soumission les tribus de l'Arabie centrale' (Hitti). Avant sa mort, Le Prophète avait désigné Oussama au commandement d'une campagne contre les Romains. Abu Bakr , lors de son élection comme Calife, fut conseillé par ses lieutenants les plus dignes de confiance de ne pas disperser les forces musulmanes à l'extérieur de la capitale qui était menacée de toute part. Mais le pieux calife refusa de mettre de coté l'ordre de son défunt maître et dispersa l'armée sous les ordres d'Oussama qui avait un effet de réflexion sur les tribus arabes récalcitrantes et qui contribua immensément a l'établissement du prestige militaire de l'islam.

Khalid Ibn Walid , le sabre d'Allah, comme le Prophète l'appela une fois, fut le héros des campagnes successives contre les tribus arabes sécessionnistes. Il joua un rôle important dans la pacification de l'Arabie. Taleiha, Musailamah, l'imposteur et Malik Ibn Nawera, furent vaincus les uns après les autres dans de difficiles combats. D'après les premiers historiens de l'Islam, la campagne contre les 40.000 féroces guerriers menés par Musailamah, fut le plus dur jamais combattu par les premiers guerriers de l'islam lors duquel l'extraordinaire bravoure et les talents militaires de Khalid gagnèrent la journée et Musailamah fut tué dans un jardin adjacent, lors d'une bataille connue sous le nom de "Bataille du jardin de la mort". Cette victoire établit une fois de plus la supériorité de l'islam sur toute l'Arabie.

Les empires voisins perse et romain, qui jusqu'ici se moquaient et sous estimaient la force
militaire de l'Arabie, voyaient maintenant une menace pour leurs intérêts dans l'avènement de la puissance de l'islam. La pacification du nord de l'Arabie mit les musulmans en conflit avec les Perses qui gouvernaient l'Irak arabe et qui étaient reconnus comme seigneurs par les tribus arabes nomades habitants les régions voisines. Les perses incitèrent ces tribus à se lever contre l'Islam. De telles machinations de la part des perses contre l'Islam, obligea le vertueux calife au bon cœur, Abu Bakr , à envoyer en le 12 de Muharram 12 A.H ses forces sous le commandement de Khalid Ibn Walid . Le premier à s'opposer à eux fut Hormuz, un tyran détesté par ses sujets arabes qui gouvernait la région du Delta. Khalid divisa ses troupes en trois parties, mettant Muthanna aux commandes de la colonne avançant, 'Adi ibn Hatim pour la seconde et lui-même levant l'arrière. Il avança stratégiquement sur Al Hafir, le poste militaire de la frontière de l'empire perse. "La dessus Hormuz défia Khalid", écrit Sir William Muir "en un combat singulier. Il organisa traîtreusement une embuscade mais fut égorgé lors de l'affrontement. Les musulmans se ruèrent alors en avant et un grand massacre fit fuir l'ennemi. Ils les poursuivirent jusqu'aux rives des Euphrates', ("Le Califat --- Son avènement, sa grandeur et sa chute "). La bataille fut nommée 'Zaat as-Salasil' (La maîtresse des chaînes) parce qu'une grande partie de l'armée perse fut enchaînée pour que les soldats ne s'enfuient pas".

Dans une autre campagne près du canal de Tigris lors de laquelle une petite colonne volante sous le commandement d'Al-Muthanna fut en grand danger, Khalid arriva à temps pour soulager son lieutenant, vainquit l'armée perse renforcée avec de lourdes pertes, un grand nombre de soldats ennemis étant tués ou noyés.
La perse était maintenant en alerte à cause des victoires inattendues d'une poignée de musulmans mal entraînés et sous équipés contre leur force pourtant bien supérieure en nombre et en organisation. L'empereur perse leva une taxe auprès des clans arabes loyaux et déploya rapidement une formidable force sous le commandement de Bahman, un général perse vétéran. Les deux armées se rencontrèrent à Al Walaja, près du confluent des deux rivières en Avril 633. Khalid qui divisa son armée en deux, avança sa colonne pour rencontrer l'ennemi alors qu'il garda deux colonnes en réserve et surprit l'ennemi épuisé dans une embuscade située à l'arrière. Ainsi la supériorité tactique et les grands talents militaires de Khalid ganga la journée pour les musulmans contre les forces perses pourtant supérieures.

L'amertume se répandit parmi les tribus bédouines chrétiennes qui appelèrent Ardashir, l'empereur perse pour venger leur défaite. Une grande force conjointe formée de perses et de bédouins fut déployée en hâte sous le commandement du général perse Jaban pour rencontrer la force musulmane à Ulles en mai 633.

Laissant un gros détachement à Al-Hafir, pour garder ses arrières, Khalid marcha rapidement en avant pour rencontrer l'ennemi. La bataille fut acharnée et pendant un long moment le dénouement fut incertain. A la fin, dans une charge acharnée de Khalid, les perses abandonnèrent et s'enfuirent, laissant derrière eux 70.000 morts sur le champ de bataille. En un seul combat, Khalid avait vaincu un guerrier perse réputé pour être l'équivalent de 1000 guerriers.

A cette époque, les Perses étaient largement désillusionnés et leur moral était brisé. Néanmoins, les bédouins chrétiens insistèrent pour expulser les envahisseurs. Khalid surprit Amghisiya, une ville prospère dans la région de Al Hira. Le Calife en apprenant ces victoires des armées musulmanes, s'écria : "O, Quraish, en vérité votre lion, le lion de l'Islam, a bondi sur le lion perse, et l'a privé de sa proie. Les femmes ne porteront jamais un second Khalid".

Khalid avec un escadron volant se hâta vers le canal pour fermer les écluses et permettre à ses bateaux de remonter le canal. Al Hira fut assiégée par les musulmans et capitula peu après. Un traité fut signé avec les habitants de Hira en 633, qui fut plus tard rectifié par le calife de l'Islam. On fit de Hira le quartier général des forces islamiques et de là Khalid commença la consolidation de ses gains. Les réformes introduites par Khalid en consultation avec le Calife en faveur des agriculteurs et des habitants de des pays conquis fournissent un contraste frappant avec le féodalisme perses qui prévalait jusqu'ici dans ces régions. Ainsi, les musulmans furent bien accueillis comme des bienfaiteurs remplaçant les tyranniques seigneurs perses. Par mesure de précaution, des garnisons musulmanes furent postées ici et toutes les troupes furent gardées prêtes en colonne mobiles.

La prochaine à être assiégée fut la forteresse de Anbar, située sur l'Euphrate à environ 80 miles au dessus de Babylone. La fosse profonde attenante à la forteresse fut traversée en y jetant les corps usés des chameaux tombés au combat et la ville capitula sans plus de résistance. Ain-at-Taur, un point vert dans la région de Anbar, fut aussi capturée par les musulmans.

Khalid avait maintenant atteint Al Firad, située sur la frontière irakienne et syrienne, qui était divisée par une rivière. Les frontières syriennes étaient gardées par une forte garnison byzantine qui, alertée par les succès de Khalid , fit cause commune avec les Perses et les bédouins chrétiens afin de vaincre les envahisseurs musulmans. Un conflit long et difficile s'ensuivit dans lequel les musulmans furent victorieux et l'ennemi perdit plus d'un lakh de soldats.

Les victoires de l'islam sur les perses établit la suprématie des armes islamiques et du commandement de Khalid Ibn Walid , le Sayfullah. Khalid resta en Irak pendant 14 mois et pendant cette période il combattit et gagna 15 batailles contre un ennemi qui était de loin supérieur en armes et en hommes. Les Arabes, qui jusqu'ici se considéraient comme bien inférieurs aux perses dans tous les aspects de la vie et qui les reconnaissaient comme leurs seigneurs, se débarrassèrent de leur complexe d'infériorité et regagnèrent leur confiance. Les victoires éclaires de Khalid en Irak qui paralysaient le vaste et plein de ressources empire perse en si peu de temps, figurent parmi les campagnes les plus glorieuses dans les annales de la guerre et l'ont placé parmi les plus grands généraux de tous les temps. Il avait imaginé plusieurs nouvelles tactiques qui étaient jusqu'ici inconnues dans le monde, parmi lesquelles le fait de charger par les forces de réserve. Il se révéla aussi être un bon administrateur qui consolida ses gains, installa des garnisons militaires à des endroits convenables pour sécuriser la région, effectua des réformes agraires et d'autres réformes avantageuses pour les hommes du commun qui rendirent les musulmans chers aux habitants contrairement à leur précédents seigneurs féodaux perses. Les musulmans avec leur penchant démocratique étaient préférés aux bureaucrates perses.

Après la défaite des forces conjointes à Firad en janvier 634, la saison du pèlerinage approchant, Khalid essaya d'accomplir en secret le Hajj. Sir William Muir dans son travail bien documenté "Le Califat --- Son avènement, sa grandeur et sa chute ", écrit :
"La saison du pèlerinage à la Mecque arrivant maintenant, Khalid forma le désir de l'accomplir incognito sans même que ne le sache son royal maître. Ainsi, ayant recruté son armée pendant 10 jours sur le champ, il donna des ordres de marcher lentement et par étapes faciles vers Al Hira. Puis il partit secrètement avec une petite escorte pour sa pieuse mission. Sans guide, il traversa le désert avec une merveilleuse sagacité et rapidement. Ayant accompli les rites du pèlerinage, il rebroussa chemin de la Mecque et rentra à Al Hira au début du printemps, juste alors que l'arrière garde arrivait. Ainsi il garda bien son secret, et l'armée pensa toujours qu'il était à Al Firad et qu'il revenait doucement. Même Abu Bakr, qui présida lui-même le pèlerinage, ne fut pas conscient de la présence de son grand général".

L'attitude des armées Byzantines aux frontières de la Syrie était aussi menaçante que depuis le temps du Prophète . Les armées Byzantines avaient fait des incursions fréquentes dans les territoires arabes bordant la Syrie et avaient emporté leurs troupeaux et leurs biens. Khalid , qui était posté aux frontières syriennes, affronta avec succès les armées Byzantine. Le calife Abu Bakr , ayant réalisé le grand danger à l'horizon syrien, demanda aux musulmans de s'enrôler pour le service actif sur le front syrien. Plus d'un millier de compagnons du Prophète , dont une centaine qui avait participé à la bataille de Badr se porta volontaire.

Le calife en personne alla à la plaine de Jurf pour dire adieu à chaque brigade partant pour la Syrie et leur donna l'ordre suivant: "Hommes, j'ai dix ordres à vous donner, que vous devez observer loyalement: Ne trompez personne et ne volez personne; Ne trahissez personne et ne mutilez personne; ne tuez pas les enfants, ni les femmes, ni les personnes âgées; n'écorcez pas et ne brûlez pas les palmiers; Ne coupez pas les arbres fruitiez et ne détruisez pas les champs, les troupeaux ni les chameaux excepter pour avoir de la nourriture. Vous rencontrerez des hommes vivant dans des cellules; laissez les tranquille à ce à quoi ils se sont dévoués...."

Des instructions à caractère plus général furent aussi données au chef de fournir un bon gouvernement aux peuples envahis, et de respecter sa promesse; de ne pas trop rester à chaque fois, et de toujours être franc; de respecter les ambassadeurs, de ne pas les détenir longtemps de peur qu'ils ne deviennent des ennemis; de préserver le secret quand c'est nécessaire, de faire des tour de garde la nuit et le jour et de ne jamais être lâche.

Trois divisions formées de 5.000 soldats chacune furent envoyées sur le front Syrien sous le commandement de Shurjil Ibn Hasana, 'Amr Ibn Al 'Aas, et Yazid Ibn Abu Sufyan. On confia aussi à Abu 'Ubaidah le commandant suprême du front syrien le commandement d'une division séparée. Mais les Byzantins avaient rassemblé une force dans le voisinage de Yarmuk qui était dix fois plus forte que les musulmans. Cela nécessita le transfert vers le front de Khalid Ibn Walid. Le sage Calife Abu Bakr ordonna à Khalid de partir vite pour le front syrien avec la moitié de ses forces, laissant la seconde moitié en Irak sous le commandement de Al-Muthanna. D'après les historiens Tabari, Muqaddasi et Balladhuri, le Calife avait désigné Khalid comme commandant suprême des forces musulmanes sur le front syrien. La marche éclair de Khalid et de ses hommes dans un désert sans route, sans eau et impassable entre l'Irak et la Syrie est un des exploits les plus audacieux de l'histoire. Il traversa le désert en cinq jours ce qui lui valu l'éminence de porter le nom de 'Thanniyat ul Ukab' (le passage de l'aigle).

L'armée musulmane en Syrie fut divisée en quatre corps qui opéraient sous le commandement de quatre généraux dans différents secteurs. Abu 'Ubaidah commandait la division des Homs dont le quartier général était à Jabia, 'Amr Ibn Al 'Aas commandait la division de Damas et Sharjil ibn Hassana commandait la division opérant au Jordan. Sur le conseil de 'Omar , le calife Abu Bakr ordonna la concentration de la totalité de la force musulmane à Jaulan près de Yarmuk en avril 634 afin d'y rencontrer un ennemi dont les ressources, les richesses et l'approvisionnement en matériel de combat étaient illimités. Les Romains aussi rassemblèrent tous leurs corps et l'énorme armée romaine campa dans le méandre semi-circulaire de la rivière Yarmuk protégée sur trois cotés par la rivière et ils considéraient que c'était un lieu idéal pour camper. L'armée musulmane arriva plus tard et occupa le col de la bouteille. Les Romains réalisèrent leur erreur mais c'était trop tard. Les deux armées se regardaient depuis deux mois quand Khalid arriva sur les lieux. On lui confia le commandement suprême des forces musulmanes. D'après toutes les sources historiques connues, y compris Tabari, l'armée d'Héraclius comportait 240.000 hommes alors que les musulmans n'étaient que 40.000. L'armée romaine était commandée par de célèbres généraux et guerriers, dont Théodore le Sakkellarius, Bannes et Jarja (George).

Khalid Ibn Walid , réalisant la supériorité des Romains en nombre et en armes, eut recours à ses tactiques habituelles et divisa son armée 38 corps égaux, tous commandés par des guerriers compétents. Le 30 Août 634, les Romains, inspirés par les prêtres, sortir de leur camp pour rencontrer les Musulmans. Un carnage terrible s'ensuivit et les Romains furent vaincus dans un massacre épouvantable. D'après Tabari, plus de 120.000 Romans périrent dans la vallée de Wakusa et furent noyés dans la rivière. Avec cette mémorable victoire dans la bataille de Yarmuk, toute la Syrie était aux pieds des musulmans. Lors de cette mémorable bataille, Khalid Ibn Walid montra un superbe talent militaire, une chevalerie extraordinaire et de rares mouvements stratégiques. Quand la nouvelle du désastre fut transmise à l'empereur Byzantine Héraclius à Antioche, il dit : 'Adieu Syrie, ma blonde province. Vous êtes des ennemis maintenant ...quelle terre je laisse à l'ennemi; et il quitta Antioche pour Constantinople. Khalid déclara : 'La Syrie s'assit aussi calme qu'un chameau'. Mais avant la fin de la bataille de Yarmuk, le calife Abu Bakr mourut et lui succéda 'Umar. Immédiatement après son élection comme calife, 'Umar donna des ordres pour la déposition de Khalid du commandement suprême. La lettre fut remise à Khalid au milieu de la bataille de Yarmuk et fut gardée secrète jusqu'à la fin. Khalid obtempéra avec plaisir aux ordres du calife et jusqu'à sa mort il combattit comme un soldat ordinaire dans les armées de l'islam. Il montra un sens de la discipline incroyable pour un général de son rang. Ignorant l'humiliation que cet ordre aurait pu provoquer en lui, il continua à servir avec un zèle infatigable comme un soldat croyant de l'Islam dans toutes les campagnes qui eurent lieu ensuite en Syrie.

Pendant le califat de 'Umar, les forces musulmanes remportèrent de brillantes batailles en Syrie, en Irak, en Perse, et en Egypte et la bannière islamique fut portée aux extrémités occidentales de l'Egypte, à l'ouest et aux cotes de la mer Caspienne au nord. Le siège de Damas dura plus de deux mois et une nuit alors que dans la ville on fêtait la naissance d'un enfant de Lord Bishop et que les habitants étaient ivres, Khalid et ses associés escaladèrent les murs et ouvrir les portes orientales. Le Takbir (cri d'Allah-ou-Akbar) remplit l'air et les festoyeurs ayant compris que situation était critique ils capitulèrent à Abu 'Ubaidah, le commandant musulmans qui gardait les portes occidentales. Les deux armées - l'une menée par Khalid - déclarèrent avoir pris la ville et l'autre commandée par Abu 'Ubaidah qui avait accepté la capitulation de la ville sous certaines conditions, se rencontrèrent au cœur de la ville. En fin, les termes de la capitulation acceptés par Abu 'Ubaidah furent considérés comme bons pour toute la ville et furent ratifiés par le calife 'Umar.

Khalid prit part à plusieurs campagnes en Syrie, dont celles de Homs et de Kansarain. Avec la conquête de Kansarain, la dernière place forte des Byzantins en Syrie, le règne des Byzantins en Syrie s'acheva et l'empereur Héraclius se retira à Constantinople pour ne jamais revenir. La valeur exceptionnelle exhibée par Khalid lors de la campagne de Kansarain obligea 'Umar à changer son opinion à son sujet. Il reconnut ouvertement: 'Que Dieu bénisse Abu Bakr . Il avait un plus grand sens du type d'homme qui convient que moi'.

Le respect montré par les conquérants musulmans envers les races conquises en Irak et en Syrie fut responsable, pour une grande partie, de l'établissement d'un gouvernement et d'une administration stables dans ces régions. Dans " Le Califat, Son avènement, sa grandeur et sa chute ", Sir William Muir reconnaît : 'Si les musulmans avaient maltraités les gens en Syrie ou s'ils avaient persécuté leurs religion, leur position aurait en fait été désespérée; mais leur clémence envers les conquis, leur justice et leur dignité contrastaient avec la tyrannie et l'intolérance des Romains.....Les chrétiens syriens jouissaient de plus de liberté civiles et politiques sous leurs envahisseurs arabes que sous le règne de Héraclius et ils n'avaient aucun désir de retourner à leur ancien état....Les musulmans, quand ils se retirèrent, rendirent les impôts collectés, puisqu'ils n'étaient plus capable de remplir leur part du marché en garantissant la sécurité de la vie et des biens. Un évêque nestorien écrit à propos de l'année 15: Les Talites (Arabes) a qui Dieu avait accordé de nos jours la domination, sont devenus nos maîtres; mais ils ne combattent pas la religion chrétienne; plutôt ils protègent notre foi, ils respectent nos prêtres et nos hommes saints, et font des cadeaux à nos églises et à nos couvents'. Ainsi, les musulmans en Syrie régnaient sur les corps et les cœurs de leurs sujets en Syrie et en Irak.

La raison derrière la déposition de Khalid n'était pas la malice de la part du grand calife 'Umar . C'était une personne trop grande pour qu'on l'associe à de tels actes. Comme le dit Sir William Muir:

'Le chef militaire devait laisser la place au fonctionnaire civil; de l'épée à la plume; de Khalid à Abu 'Ubaidah. Il n'y a pas d'occasion de chercher des motifs ultérieurs qui aurait menés 'Umar à remplacer Khalid par Abu 'Ubaidah. Pas la moindre des haines personnelles ne l'ont influencées. 'Umar était trop grand pour cela.'


'Umar a essayé d'effacer l'incompréhension créée parmi les gens au sujet de la déposition de Khalid Ibn Walid. Il envoya une lettre dans les différentes provinces pour annoncer qu'il n'avait pas déposé Khalid à cause d'une faute de sa part, mais parce qu'ils avaient commencé à mettre plus de confiance en Khalid qu'en Dieu.

D'après les célèbres historiens Tabari et Ibn 'Asakir, Khalid Ibn Walid, le sabre d'Allah, mourut à Homs en 21 de l'hégire (644).


Ainsi trépassa le héros de centaines de batailles avec un désir inassouvi de martyr sur ses lèvres mourantes.

"Hélas", murmura-t-il "Moi, qui aie combattu des centaines de batailles et dont le corps porte d'innombrables cicatrices, je n'ai pas pu être béni par le martyr - la plus grande ambition de tout vrai musulman. Je suis allé dans tous les endroits possibles pour la Shahadah, mais il était écrit dans mon destin que je mourrais dans mon lit. A mon avis il n'y a pas d'action plus chère que mon attente auprès de mon cheval abrité par la nuit, le ciel scintillant par la pluie, attendant l'aube, afin que je puisse attaquer l'ennemi."

En apprenant la nouvelle de sa mort, le calife Umar s'exclama : 'La mort de Khalid a créé un vide dans l'islam qui ne peut être comblé'.


'Les campagnes militaires de Khalid Ibn Walid et de 'Amr Ibn Al 'Aas , écrit Philip K. Hitti dans son travail monumental "The History of the Arabs" qui s'ensuivirent en Irak, en Perse, en Syrie et en Egypte sont parmi les brillamment exécutées dans l'histoire de la guerre et apporte une comparaison favorable avec celle de Napoléon, d'Hannibal ou d'Alexandre'.
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1 août 2005 1 01 /08 /août /2005 00:00

 

Quand on citait le nom d'Abu Bakrdevant Omar b. al-Khattab, celui-ci disait: "Abou Bakr est notre maître, qui a libéré notre maître." Il visait Bilal. Mais Bilal ne prêtait pas beaucoup d'attention aux éloges qu'on lui adressait. Il baissait les yeux, en disant humblement: "Je suis plutôt un Abyssinien... J'étais un esclave...".

Cet ancien esclave noir, svelte mais grand, aux cheveux crépus et aux petites épaules, qui est-il ?

C'est Bilal ibn Rabah, le premier muezzin de l'Islam et le contradicteur des adorateurs des idoles. Et puis, qui ne connaît pas Bilal, alors que son nom traverse le temps depuis le début de l'Islam ?

Des centaines de millions de tous les âges le connaissent. Si on interroge un enfant musulman de n'importe quelle partie du monde : "Petit enfant, qui est Bilal  ?" il répondra : "C'est le muezzin de l'Envoyé".

C'est cet esclave qui est devenu musulman et que son maître polythéiste torturait, pour le faire dévier de l'Islam.

En effet, Bilal était un esclave qui s'occupait du bétail de son seigneur, pour quelques poignées de dattes. Si ce n'était sa foi en l'Islam, il aurait traversé le temps en inconnu. La couleur de sa peau, sa condition sociale ne l'ont pas empêché d'occuper un rang très élevé parni les musulmans. Lui le dépossédé de tout, le fils d'une esclave, on le croyait incapable de la toute petite chose. Mais voilà qu'il osa et embrassa l'Islam. Il eut une foi inébranlable, devant laquelle se brisèrent toutes les tentatives de dissuasion.

Il subissait la vie d'esclave. Des jours se ressemblaient. Il n'avait aucun droit et il n'avait aucun espoir en un possible lendemain différent. Puis, voilà qu'on parla de Mohammad devant lui. Les Mecquois, y compris Omaya ben Khalaf, ne cachaient pas leur sentiment envers Mohammad, et ils l'exprimaient clairement, tandis que Bilal  écoutait.

Ils reconnaissaient bien l'intégrité de Mohammad, discutaient de la nouvelle religion mais la rejetaient ensuite. Ils disaient que Mohammad n'était ni menteur, ni sorcier, ni fou. Cependant, ils avaient peur pour la religion de leurs ancêtres et craignaient que la Mecque perdrait son rôle religieux prépondérant en Arabie. Dans ces conditions-là, Bilal eut le cœur ouvert à la lumière divine et il alla au Messager de Dieu  annoncer sa conversion à l'Islam. Mais la nouvelle ne tarda pas à faire le tour de la cité. Son maître Omaya vit en cela un affront qu'il fallait effacer à tout prix, et vite.

Mais Bilal était convaincu et résolu. Il ne céda pas, il résista à toutes les tortures.  Allah l'avait choisi comme exemple pour peut-être dire aux humains que la couleur de la peau et la condition d'esclave n'entament nullement la grandeur de l'âme croyante. La liberté de conscience ne peut s'acheter.

Bilal l'avait démontré par sa résistance à tous les supplices. On le faisait sortir chaque jour, au soleil de midi, pour le jeter sur le sable brûlant et le laisser souffrir sous le poids insupportable d'un rocher très chaud.
Ses tortionnaires voulaient le détourner de sa foi tandis que lui voulait être musulmans.  Comme sa situation de supplicié durait, on lui proposa de dire un mot de bien, un tout petit mot en faveur de leurs dieux, pour faire cesser son supplice.

Même ce petit mot, Bilal ne la prononça pas, lui qui pouvait le dire de façon superficielle, sans perdre sa foi, afin d'être soulagé. Oui, il refusa de le dire et se mit à répéter son chant éternel : Ahadoun -  Ahadoun  - II est l'unique, il est l'unique - .

Ses tortionnaires lui disaient : "Dis ce que nous disons" Mais lui leur disait : "Ma langue ne sait pas bien dire cela". Les sévices reprenaient alors de plus belle jusqu'à l'après-midi. A ce moment-là, on enlevait le rocher de sa poitrine, on lui mettait une corde au cou et on le laissait à la merci de leurs garçons, qui le faisaient courir dans les rues de la Mecque et sur les montagnes.

J'imagine qu'à la nuit tombée, ses bourreaux lui disaient : " Demain, dis du bien de nos dieux; dis que tes seigneurs sont al-Lat et al-'Ouzza et nous laissons..." Mais Bilalrejetait sereinement ce marchandage par la reprise de son chant. Sur ce, Omaya ben Khalaf explosait de colère et de haine: "Par al-Lat et al-'Ouzza! tu vas voir. Tu seras un exemple pour les esclaves et pour les maîtres !".  Et le lendemain, à midi, les bourreaux conduisaient Bilal à la place de la veille, sans savoir qu'il était armé de patience et de résolution.

Puis, un jour, Abu Bakr as-Seddiq   alla à cet endroit, pour leur dire; "Allez vous tuer un homme parce qu'il dit que son seigneur est Dieu ?" Par la suite, il dit à 'Oumaya : "Je l'achète avec un prix dépassant sa valeur. Qu'en dis-tu ?" Oumaya ne se fit pas attendre de prendre au vol la bouée de sauvetage qui venait de lui être lancée. Ayant perdu espoir de briser a volonté de Bilal. il accepta l'offre d'Abou Bakr . Il s'était rendu compte que le prix de Bilal était plus profitable que sa mort. Comme Abou Bakr aidait Bilal à se relever, Oumaya dit : "Prends-le ! si tu m'avais proposé un ouqiya. je te l'aurais vendu". Abou Bakr, se rendant compte que ces mots étaient destins à humilier Bilal, répondit: "Par Dieu ! si vous aviez exigé cent ouqiyas, je les aurais avancées !" Puis il se retira avec Bilal.

Puis, plus tard, il y eut l'exode à Médine et le Messager décréta l'appel à la prière. Qui allait être le premier muezzin des musulmans ? Qui allait lancer cet appel cinq fois par jour ? Et bien le Messager allait choisir Bilal qui, treize ans auparavant, avait dit aux polythéistes: "Dieu est l'Unique... il est l'Unique."

 

Puis, il y eut la bataille de Badr entre les musulmans et les Qoraychites qui étaient sortis au secours de leur caravane. Omaya ben Khalaf y était et Bilal aussi. Mais chacun se trouvait dans le camp opposé.

Ce jour-là, le chant que Bilal répétait sous la torture devint le slogan menant les musulmans au combat et à la victoire. Omaya vit alors sur le champ de bataille Abdurrahman ben Aouf il demanda sa protection. Abdarrahman accepta et le conduisit vers l'endroit où on rassemblait les captifs. Bilal le vit sur le chemin et dit à voix haute: "Le chef de file de la mécréance Omaya ben Khalaf !" Puis, il s'élança, l'épée menaçante. Abdarrahman intervint: "Bilal ! c'est mon captif !"

Comment Omaya était-il un captif, alors que tout à l'heure il maniait son sabre contre les musulmans ? Sur ce. Bilal appela ses compagnons: "O soutiens de Dieu ! voilà le chef de file de la mécréance ! Omaya ben Khalaf ! " Un groupe de musulmans accoururent et encerclèrent le polythéiste et son fils. Abdarrahman ben Aouf ne put rien faire...

Puis, les années passèrent et les musulmans entrèrent à la Mecque en libérateurs. Le Messager se dirigea droit vers la Kaaba encore encombrée d'idoles.

A partir de ce jour, plus de Houbal, plus de 'Ouzza   plus de Lat en ce lieu sacré. Le Messager entra avec Bilal  à l'intérieur de la Kaaba, puis il lui demanda de montrer sur le toit et de lancer l'appel à la prière.

Bilal monta et lança l'appel devant les milliers de musulmans. Ces derniers reprenaient après lui chaque séquence de l'adhan, tandis que la majorité des polythéistes étaient dans leurs maisons.

Cependant trois notables qoraychites se touvaient devant la Kaaba: Abou Soufyan ben Harb qui venait de se convertir à l'Islam, Attab ben Ousayd et al-Harith ben Hicham qui étaient encore polythéistes. "Dieu a bien fait d'épargner à mon père d'écouter celui-là. Sinon il aurait entendu ce qui l'exaspérait, dit Attab. Par Dieu ! si je sais que Mohammad a raison, je le suivrai, dit al-Harith" Quant au rusé Abou Soufyan, il dit: "Moi je ne dis rien. Si je dis quelque chose, ces cailloux rapporteront cela."

Quand le Prophète sortit de la Kaaba, il leur dit : "J'ai su ce que vous avez dit". Puis il leur raconta leur conversation. Al-Harith et Attab dirent à voix haute: "Nous attestons que tu es vraiment le messager de Dieu, Par Dieu ! personne ne nous a entendus pour que nous disions qu'il t'a informé !"

Bilal était le compagnon de toujours du Prophète . Il prenait part aux expéditions et aux batailles, lançait l'appel à la prière, accomplissait les rites de cette religion nouvelle. Si bien que le Prophète dit de lui: "C'est un homme qui fait partie des compagnons du Jardin." Mais Bilalétait resté toujours modeste. Une fois, avec un compagnon qui voulait se marier lui aussi, il alla demander la main de deux femmes. Devant le père, il dit: "Je suis Bilal et voilà mon frère. Deux esclaves d'Abyssinie. Nous étions des égarés mais Dieu nous a guidés. Nous étions des esclaves mais Dieu nous a libérés. Si vous nous donnez la main de vos filles, alors louange à Dieu, Si vous refusez, alors Dieu est grand."

 

Après la mort du Messager Bilal dit au khalife Abou Bakr : "O khalife du Messager, j'ai entendu le Messager de Dieu dire: "La meilleure action du croyant c'est de combattre sur le chemin de Dieu"  -  "0 Bilal, que veux-tu ? dit Abou Bakr.  Je veux sortir pour stationner sur les frontières et me consacrer ainsi au combat sur le chemin de Dieu jusqu'à la fin de mes jours.

Et qui va s'occuper de l'adhan ? -  Je ne ferai plus d'adhan pour personne après la disparition du Messager de Dieu  "Reste et occupe-toi de l'adhan pour nous, 0 Bilal"  -

 "Je ferai ce que tu veux, dans le cas où tu m'avais libéré pour que je sois à toi. Sinon, laisse-moi avec la cause pour laquelle tu m'avais libéré, dans le cas où tu m'avais libéré en vue de Dieu" dit Bilal -   "Au contraire, je t'avais libéré en vue de Dieu, ô Bilal.. ".

Là, les historiens divergent. Selon certains, Bilal partit aux frontières de Syrie, en tant que combattant pour la cause de l'Islam. Selon d'autres, il resta à Médine après avoir accepté la demande d'Abou Bakr . Mais après la disparition de ce dernier, il demanda au nouveau khalif Omar ibn al-Khattab la permission d'aller stationner sur les frontières, pour la cause de Dieu. Après quoi, comme il voulait, il s'en alla en Syrie.

Sa tombe se trouve à Damas. Qu'Allah lui fasse miséricorde.

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